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Pour cette première sortie en "solitaire", Bruce Mac-Candless restera 5h 55 mn à l'extérieur de la navette Challenger

C'était le 7 février 1984. Pour la première fois, un dispositif digne d’un film de science-fiction offrait à un astronaute la possibilité d’évoluer en totale indépendance à l’extérieur de la navette spatiale. Il s'agit du MMU*.

L’idée de se désolidariser complètement d’un vaisseau spatial remonte déjà aux années 60. C’est lors de la mission Gemini 9 avec Eugene Cernan et Tom Stafford qu’un premier essai a lieu avec l’AMU**, ancêtre du MMU. Mais les difficultés de l’EVA sous-estimées par la NASA amènent les astronautes de la mission à annuler l’expérience. L'AMU ne sera pas testé. Toutefois, c’est au cours du programme Skylab que l’expérience se poursuit avec le projet M-509. Un premier essai a même lieu  à bord de la station avec l'ASMU** avec Gerald Carr lors de la mission Skylab 3. Pourtant, il faut encore attendre l’exploitation de la navette pour qu’un premier essai dans les conditions d’une sortie dans l’espace soit pleinement envisagé.

Et c’est à l’astronaute américain Bruce Mac-Candless, qui a su faire preuve d’une belle opiniâtreté - et surtout d’une incroyable patience -, que revient l’honneur de piloter pour la première fois le MMU. Il faut dire qu’entre le moment de sa sélection en 1966 (Groupe 5 des astronautes de la NASA) et son tout premier vol dans l’espace, dix-huit années se seront écoulées.

File:STS-51-A Westar 6 retrieval.jpg

Utilisant à son tour un MMU, Dale Gardner capture le satellite Westar VI pendant STS-51A. C'est la troisième et dernière mission où le "Sac à dos" spatial sera utilisé 

Seulement trois missions

C’est donc le 7 février 1984 que le MMU, ou « Fauteuil de l’espace », (une appellation un peu plus élégante) connaît son baptême de l’espace. A 47 ans, Bruce Mac-Candless devient donc le premier satellite humain. Grâce aux vingt-quatre tuyères alimentées en azote, Il s’éloigne de la navette Challenger d’une bonne centaine de mètres pendant six heures et offre une image devenue célèbre. Avec le MMU, "L’Homo Satellitus" est né mais il ne connaîtra pas une carrière exceptionnelle. Par la suite, le Fauteuil spatial sera réutilisé « seulement » au cours de deux vols supplémentaires ; STS-41C et STS-51A. Le premier a notamment permis d’aborder puis de réparer le satellite Solar Maximum, entre autres à l’aide du MMU (utilisé par George Nelson).  Lors de STS-51A en novembre 1984, Joseph Allen et Dale Gardner réussirent à récupérer sans problème les satellites géostationnaires Westar VI et Palapa B2 tombés en panne. Il s’agissait ici de la dernière utilisation de l'une des plus étonnantes machines du spatial. Jugé trop cher et trop dangereux pour la sécurité des astronautes, le MMU est donc retiré du service. Aujourd’hui, seule une application simplifiée existe ; le SAFER (Simplified Aid For EVA Rescue) qui s’accroche directement au sac à dos du scaphandre. Il a été testé pour la première fois lors du vol STS-64 en 1994. Un dispositif qui a pour but de permettre à un astronaute de revenir à bon port en cas de problème. Aujourd’hui, pour se déplacer à l’extérieur de la Station spatiale Internationale, les astronautes ont recours aux mains courantes disposées sur les différents modules de l’ISS. Des astronautes virevoltant autour de la station, cela aurait eu quelque chose d’extraordinairement spectaculaire, mais la sécurité des équipages n’a pas de prix. Si aujourd’hui le MMU dispose d'une place de choix dans le National Air And Space Museum à Washington, il n’en demeure pas moins l’une des expériences*** les plus spectaculaires de la conquête de l’Espace.

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos et vidéo : NASA

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

*Manned Manoeuvering Unit : Unité de manoeuvre habitée

**Astronaut Manoeuvering Unit : Unité de manoeuvre pour astronaute

***Une expérience à laquelle Alfonso Cuaron offre bien sur une large place dans Gravity

 

 

©                                            La Chronique Spatiale (2014)

Un large extrait de la conférence de presse qui a suivi le vol STS-41B (commandé par Vance Brand), commenté notamment par Bruce Mc-Candless

Tag(s) : #Histoire & Culture

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