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 Sentinel-1A qui s'est ici lui-même pris en photo avec la caméra embarquée a du effectuer une manoeuvre d'évitement d'un ancien satellite de la NASA

Le premier exemplaire du programme Copernicus lancé le 3 avril est passé très près d'un vieux satellite américain moins de trente-six heures après son lancement.

Vous rappelez-vous de cette séquence dans Gravity lorsque l’ISS est intégralement détruite après avoir été percutée par une pluie de débris ? Le satellite d'observation Sentinel-1A a bien failli "rejouer" une scène similaire alors que sa mission n’est pas encore totalement en phase opérationnelle. Sur sa route, surgit une masse de 115 kilogrammes que l’on ne pas peut freiner. Il s’agit du vieux satellite américain ACRIMSAT, (dont la mission est aujourd’hui terminée), lancé en 1999 depuis la base californienne de Vandenberg. Selon les estimations, il doit passer à seulement vingt mètres de Sentinel-1A. Une marge de sureté qui est bien évidemment trop faible pour que les deux engins puissent se croiser sans danger. Aussi, à l’ESOC au centre de contrôle de Darmstadt en Allemagne, est-il décidé de corriger la trajectoire du satellite par un léger changement d’altitude. Une prouesse réussie en à peine quelques heures dans la nuit du 4 au 5 avril dernier. « Ce n’est plus Hollywood, c’est Gravity pour de bon », plaisantent les responsables de la manœuvre sur le blog dédié à la mission. On a quand même eu chaud.

File:STS-134 International Space Station after undocking.jpg

L'ISS est régulièrement manoeuvrée pour éviter tel ou tel objet se trouvant sur sa route

Un précédent connu

Cet événement rappelle une chose : l’orbite basse est aujourd’hui aussi encombrée que les Champs-Elysées à l’heure de pointe. Au cours de presque six décennies de tirs spatiaux, environ 5500 tonnes de débris spatiaux ont ainsi été générées. Résultat, des collisions peuvent se produire. Ce fut notamment le cas le 10 février 2009 quand les satellites Iridium 33 et Cosmos 2251 se sont percutés à 800 kilomètres au-dessus de la Sibérie, provoquant un nuage de débris. Le plus simple pour assainir l’orbite serait de procéder à un nettoyage en éliminant les débris spatiaux. Des solutions comme la désorbitation à l’aide d’un câble* ou même l’utilisation d’un satellite remorqueur sont, entre autres, préconisées. Néanmoins, la faisabilité technique paraît pour l’instant encore hors d’atteinte. Parmi les autres solutions possibles figurent également la prévention, la protection et bien entendu l’évitement (réalisé avec Sentinel-1A). D'ailleurs, l'ISS manoeuvre régulièrement pour éviter des débris. Cependant, aujourd’hui, on compte plus de 200 000 objets d’une taille variant de 1 à 10 cm qui déambuleraient en orbite. Il y a également 13 000 corps d’un diamètre supérieur à 10 cm et un nombre sans cesse croissant de satellites lancé depuis 1957. Cinquante-six ans après le lancement de Spoutnik 1, le grand nettoyage de la banlieue terrestre doit s’imposer comme une priorité.

Antoine Meunier

 

Crédit photos et vidéo : ESA/NASA/ESA

Sources : ESA/CNES

Contact

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

*Lors de la mission STS-75 en 1996, un câble long de 20 kilomètres fut déroulé depuis la navette spatiale (mission TSS-1R). Il s’agissait de maintenir un satellite attaché au bout du fil dans une orbite instable. Malheureusement, le câble s’est prématurément sectionné suite à une décharge électro-statique.

 

 

 

 

 

                                        ©         La Chronique Spatiale (2014)

Une séparation comme si vous y étiez. Grace aux caméras embarquées sur l'étage supérieur du lanceur Soyouz-Fregat, le satellite Sentinel-1A file se placer sur son orbite de travail.

Tag(s) : #Satellites & Constellations

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