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La première mission habitée du SLS n'est pas attendue avant 2021

La NASA et Boeing viennent d’officialiser le contrat d’une valeur de 2,8 milliards de dollars qui porte sur le réalisation du corps central de ce qui est aujourd’hui présentée comme « la fusée la plus puissante jamais développée. » 

Cent vingt et un mètres, c’est la hauteur annoncée du Space Launch System, soit dix de plus que la mythique fusée lunaire Saturn V. Le successeur de la navette spatiale, qui en reprend les moteurs RS-25 (premier étage seulement), est en effet un géant qui doit permettre à l’Amérique de retrouver son autonomie pour envoyer des astronautes dans l’espace. Pour le second et le troisième étage, c’est le moteur J2X, version améliorée du moteur J2 de Saturn V, qui assurera la propulsion. Flanqué d’une paire de boosters, l’ensemble doit développer une poussée totale de 3 000 tonnes pour envoyer, dans un premier temps, jusqu’à 70 tonnes de charge utile dans l’espace. La version la plus évoluée pourra, quant à elle, acheminer jusqu’à 143 tonnes en orbite. Pour sa part, Saturn culminait à 118 tonnes. L'objectif de cette nouvelle fusée : expédier quatre astronautes d’une capsule Orion vers la Lune, Mars ou un astéroïde. Pour le premier vol du SLS, il faudra attendre 2017 et il ne s’agira "seulement" que d’un vol automatique. La première mission habitée est programmée 2021.

An expanded view of an artist rendering of the 130-metric-ton configuration of NASA's Space Launch System (SLS)

La version la plus puissante du SLS, dont la livrée est inspirée de celle de Saturn V, doit emmener jusqu'à 130 t de charge utile dans l'espace

Trop d'étapes

Quatre ans après l’annulation du programme Constellation, qui prévoyait le retour de l’Oncle Sam sur la Lune, le choix d'une destination pour le SLS reste encore flou. Un article paru le 2 juillet sur le site du National Journal montre le manque flagrant de consensus sur la méthode pour atteindre l'objectif visé après l'ISS. Celui-ci indique que, si d’un côté le Président Obama et la plupart républicains s’accordent sur le fait que la NASA doit envoyer des hommes vers Mars, on ne s’accorde pas sur la manière de faire. Pour l’administration Obama, l’étape obligée avant la planète Rouge serait un astéroïde. Les républicains considèrent qu’il faut d’abord retourner sur la Lune avant d’entamer le « bond de géant » vers Mars. Ce qui permettrait, entre autres, de tester les technologies nécessaires au voyage martien. Ce qui n’est en soi pas une mauvaise chose mais, en retournant d’abord sur notre satellite (ou en allant sur un astéroïde) n’y-a-t’il pas un risque d’enlisement du programme ? Ne serait-on pas tenté d'y rester ? L'étape "Lune" ou "astéroïde", avant Mars, présente un risque : que le programme repousse une nouvelle fois , aux calendes grecques l’envoi d’une mission habitée vers la planète Rouge espérée secrètement depuis la fin des années 60. Mais si cette même mission habitée à destination de Mars se concrétise, elle exigera de toute manière une prise de risques inédite. Quoi qu'il en soit, la première destination du SLS reste encore à définir.

Antoine Meunier

 

Crédit photos et vidéo : NASA

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©                                             La Chronique Spatiale (2014)

Petite vidéo comparative entre Saturn V et le SLS. Faîtes votre choix…!

Tag(s) : #USA

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