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Sept mois après son arrivée dans la Baie des Arcs-en-ciel, le rover de la sonde Chang’e 3 fonctionne toujours mais il est resté immobile après sa défaillance technique du mois de janvier.

Souvenez-vous. Un mois après le tonitruant alunissage de Chang’e 3, le rover Yutu connaissait un sérieux problème avec le panneau solaire protégeant les instruments scientifiques du froid mortel de la nuit lunaire. Actuellement dans sa huitième période de jour lunaire*, le Lapin de Jade est toujours actif mais « les problèmes persistent toujours », déclarait récemment au Quotidien du Peuple Wu Weiren, concepteur en chef du projet. Depuis le 25 janvier, Yutu ne peut plus se déplacer et reste immobilisé à une vingtaine de mètres de l’endroit où Chang’e 3 s’est posé le 14 décembre dernier. Si l’on suppose qu’un rocher ait pu l’endommager, Yutu a néanmoins roulé sur une centaine de mètres et a livré des informations sur la surface de la Lune et ses éventuelles ressources minières. A la base, il avait une durée de vie espérée de trois mois et devait pouvoir franchir une dizaine de kilomètres. Si la défaillance mécanique n’était pas survenue, on ose imaginer les autres photos qui auraient pu être prises depuis la surface de la Lune.

 

Schema montrant le composite de la future mission Chang'e 5. Le module d'alunissage (au centre) reprend la forme de Chang'e 3 mais la filiation avec le LEM d'Apollo est évidente. La partie supérieure est le module de remontée qui effectue le rendez-vous en orbite lunaire avec le module inférieure

Un nouveau challenge…

L'an prochain c'est la sonde Chang’e 4 qui doit prendre le chemin de la Lune, avec peut-être un second rover dans la perspective de préparer la mission suivante. Le vrai défi qui attend les scientifiques chinois, c’est donc Chang’e 5 (phase 3 du programme**). Avec cette future sonde, les scientifiques chinois escomptent rapporter sur Terre vers 2017 quelques échantillons pour disposer « à leur tour » de leurs propres morceaux de Lune. Pour envoyer cet ambitieux, et nouveau vaisseau dans l’espace, une nouvelle fusée est requise. C’est la Longue Marche 5 qui doit être lancée depuis le site de lancements de Wenchang actuellement en construction sur l’ile de Heinan en mer de Chine méridionale. Par ailleurs, afin de relever ce nouveau défi d’un voyage automatique aller-retour Terre-Lune-Terre, les ingénieurs chinois devront relever de nouveaux défis. Si aujourd’hui l’alunissage est une chose acquise, il faut ensuite pouvoir collecter les échantillons, redécoller de la Lune, accomplir un rendez-vous en orbite lunaire puis réussir une rentrée atmosphérique à vitesse interplanétaire. Au vu de la réussite des trois premières sondes Chang'e, on voit mal ce qui pourrait empêcher la Chine de ne pas acquérir ces nouvelles compétences pour préparer ce qui constituera un objectif encore plus ambitieux : un débarquement humain à l’horizon 2025/2030...

Antoine Meunier

 

 

 

 

 

Crédit photos: DR

Crédit vidéo : CCTV

Contacts

http://lachroniquespatiale-over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

*Durée du jour lunaire : A peu près un mois terrestre

**Le programme Chang'e est divisée en trois phases : les sondes orbitales Chang'e 1 et 2 constituent la phase 1, Les atterrisseurs Chang'e 3 et 4 la phase 2 et Chang'e 5 la phase 3

 

 

©                                  La Chronique Spatiale (2014)

Cette vidéo (en anglais) de la chaine chinoise CCTV nous montre les "premiers pas" de Yutu à la surface de la Lune

Tag(s) : #Chine

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