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Décollage en 2020 pour Ariane 6 pour arriver à une pleine capacité après une phase de transition de trois ans

Décollage en 2020 pour Ariane 6 pour arriver à une pleine capacité après une phase de transition de trois ans

Sans surprise, le conseil de l’Agence Spatiale Européenne a validé en début de semaine la poursuite du programme. Au cours de la 20ème World Business Satellite Week d’Euroconsult (achevée vendredi), Alain Charmeau, le CEO d’Airbus Safran Launchers a présenté un état des lieux du chantier en milieu de semaine.

Ariane 6, c’est un programme lancé depuis le 2 décembre 2014 pour répondre à la concurrence de Space X. Le 1er septembre, la société a perdu un lanceur au cours d’un test au sol à la suite d'une explosion encore inexpliquée. Cela n’a toutefois pas entamé l’enthousiasme (de façade ?) de Gwynne Shotwell, la présidente (présente pendant le rendez-vous d'Euroconsult), qui table « sur un retour en vol en novembre ». De son côté, et bientôt deux ans après le démarrage d’Airbus Safran Launchers, société maintenant confirmée dans sa forme depuis le 30 juin, Alain Charmeau a déclaré mercredi lors d'une rencontre avec les journalistes qu’Ariane 6 « est bien le lanceur voulu par les clients d’ASL ». Un souhait d’ailleurs confirmé lors de la récente réunion du club des utilisateurs d’Ariane 6. Cette fusée, qui se veut la réponse à Space X et son Falcon 9, se déclinera, rappelons-le, en deux versions à partir de 2020 avec Ariane 62 et Ariane 64. Les performances d’Ariane 6 devront atteindre 5 tonnes en orbite géostationnaire (GTO) pour la première version et jusqu’à 10,5 tonnes pour la seconde. Le programme doit arriver à pleine capacité en 2023 le temps que la transition avec Ariane 5 se termine.

Au 13 septembre, le moteur Vinci a bouclé son 106è essai sur le banc d'essai du DLR à Lampoldshausen en Allemagne

Au 13 septembre, le moteur Vinci a bouclé son 106è essai sur le banc d'essai du DLR à Lampoldshausen en Allemagne

Banc d'essais…

Mais l’objectif d’ASL avec les deux versions d’Ariane 6, c’est toujours la réduction des coûts (-50 % par rapport à Ariane 5) en se basant sur des technologies déjà existantes. Le programme avançant rapidement, dans quatre ans ASL doit pouvoir proposer une solution de lancements qui doit donc être moitié moins cher que l’actuelle. Par ailleurs les essais sur la motorisation se sont déroulés tout l’été en Allemagne et en France (Vernon). Le moteur Vinci du futur étage supérieur vient ainsi de réaliser son 106ème essai le 13 septembre sur la ligne de tests du DLR à Lampoldshausen. Prévu pour être réallumable, il doit atteindre une durée de fonctionnement de 900s et développer 180 kN de poussée. Un cap largement franchi puisque la durée de 1000 s a été atteinte le 14 juillet.

Reposant majoritairement sur l'impression 3D, le moteur Prometheus, dont voici une représentation en miniature photographiée à la direction des lanceurs du Cnes doit être disponible pour un premier essai au sol vers 2019

Reposant majoritairement sur l'impression 3D, le moteur Prometheus, dont voici une représentation en miniature photographiée à la direction des lanceurs du Cnes doit être disponible pour un premier essai au sol vers 2019

Travaux de recherches

Mais le futur et ses possibles évolutions sont également évoqués. Chaque opérateur souhaitant faire baisser les coûts d’accès à l’espace, ASL finance à présent le moteur LOX-Méthane Prometheus (Precursor Reusable Oxygene Methane Effective Engine) dont un essai est attendu au banc vers 2019. Le coût du programme Prometheus, dont la conception reposera majoritairement sur l’impression 3-D, est estimé à 125 millions d’euros. Dévoilé en juin à la direction des lanceurs du Cnes en présence notamment de Thierry Mandon, le secrétaire d'état à la Recherche, il est prévu que Prometheus soit discuté avec les états membres à Lucerne lors de la prochaine conférence ministérielle sur l’espace. Quant l’actuel moteur Vulcain d'Ariane 5 revient à dix millions d’euros, Prometheus ne devra coûter qu’un million . il pourrait représenter l’avenir des moteurs fusées puisque le jour ou il sera déclaré bon pour le service, il est en effet susceptible de s’adapter aussi bien sur un lanceur consommable que récupérable. Sur ce dernier point d'ailleurs, Alain Charmeau a évoqué la piste d'Adeline. Avec ce concept à l'étude, il s'agit de récupérer en partie le premier étage d'une Ariane 6. Cette idée qui a été testée qui a donnée des résultats nécessite cependant "des investissements  supplémentaires qu’il faut discuter". Alors si Ariane 6 sera le lanceur de la prochaine décennie, il est également des pistes que, discrètement, on ne néglige pas…

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos : ASL

Crédit vidéo : Airbus DS

Contacts

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lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

 

©                                            La Chronique Spatiale (2016)

 

Cette vidéo de 2015 nous explique le concept d'Adeline. L'idée étant de récupérer la partie basse du premier étage d'Ariane 6

Tag(s) : #Europe

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