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Construit en fibre de carbone, ce vaisseau interplanétaire pourrait embarquer selon Elon Musk jusqu'à 100 personnes pour un voyage en 80 jours vers la planète rouge

Construit en fibre de carbone, ce vaisseau interplanétaire pourrait embarquer selon Elon Musk jusqu'à 100 personnes pour un voyage en 80 jours vers la planète rouge

Le patron de Space X a dévoilé mardi 27 septembre ses plans pour la conquête de Mars au 67ème congrès de la Fédération Internationale d'Astronautique (IAF) organisé à Guadalajara au Mexique. Il envisage la possibilité d'ici moins de dix ans d'une première expédition humaine en surface de la planète Rouge.

Le décor était planté. Pendant plus d’une heure et demie, Elon Musk a déroulé ses plans derrière une animation de Mars en rotation tantôt rouge, tantôt terraformée devant une audience visiblement acquise d'avance. Et le véhicule qu’il compte bâtir pour effectuer le grand saut vers jusqu'à Mars apparaît comme hors normes. Pour cause, il explose en capacités tout ce que l’on connaît. L’Interplanetary Transport System (ITS) c’est un vaisseau capable d’embarquer jusqu’à cent personnes vers Mars. Ses performances annoncées sont justes faramineuses. La hauteur de la fusée atteint 122 mètres au décollage, dont 49,5 m sur 17 m de large pour le seul vaisseau. Sa masse atteint 10000 tonnes* et il peut développer une poussée de 13000 tonnes. Enfin, le diamètre du premier étage du lanceur est de 12 mètres (contre dix à la fusée Saturn V lunaire). La charge utile envoyée vers l’orbite basse terrestre atteint au total 555 tonnes**. La Saturn V plaçait « seulement » 135 tonnes en orbite basse terrestre (LEO). Cela représentait le troisième étage SIV-B et l’ensemble du train lunaire Apollo (CSM-LM). Une fois l’ITS acheminé, le premier étage reviendrait se poser à son site de lancement en utilisant, selon Elon Musk, 7% de son carburant restant pour revenir se poser sur son site de lancement.

Le tableau comparatif à gauche montre que la fusée atteindrait 122 m de haut dépassant ainsi en taille la Saturn V lunaire. A droite, la configuration du premier étage comporte 42 chambres de combustionLe tableau comparatif à gauche montre que la fusée atteindrait 122 m de haut dépassant ainsi en taille la Saturn V lunaire. A droite, la configuration du premier étage comporte 42 chambres de combustion

Le tableau comparatif à gauche montre que la fusée atteindrait 122 m de haut dépassant ainsi en taille la Saturn V lunaire. A droite, la configuration du premier étage comporte 42 chambres de combustion

80 jours de voyage

Ensuite, un second vaisseau de taille quasiment identique serait connecté pour réaliser un rendez-vous autour de la Terre avec le premier pour un ravitaillement en carburant avant le grand départ. Après le déploiement des panneaux solaires, il partirait pour Mars pour un voyage de 80 jours à une vitesse de 100 000 km/h à travers l’espace. Sa masse de cent tonnes se poserait après une rentrée atmosphérique à 8,5 km/s (un peu plus de 30 000 km/h) qui échaufferait le bouclier thermique à plus de 1700 degrés. « Le premier voyage vers la planète Rouge sera dangereux », concède cependant le patron de Space X. Et le calendrier pour cette aventure se veut des plus optimistes. Elon Musk tient ainsi à utiliser chaque fenêtre martienne s’ouvrant tous les deux ans. En 2018, il est prévu d’envoyer un premier Dragon V2 vers Mars et d'utiliser chaque fenêtre martienne s’ouvrant tous les deux ans pour expédier des équipements. De plus, les premiers éléments du vaisseau pourraient être assemblés d’ici 2020. « Si les choses se présentent bien » l’aventure pourrait démarrer pour les premiers colons d’ici une dizaine d’années. Le calendrier plus qu’optimiste prévoit un départ du transporteur pour la fenêtre de 2024 avec une arrivée en 2025. Soit…

L'après Mars selon Elon Musk, des expéditions sur Europe et Encelade, deux lunes lointaines autour de Jupiter et SaturneL'après Mars selon Elon Musk, des expéditions sur Europe et Encelade, deux lunes lointaines autour de Jupiter et Saturne

L'après Mars selon Elon Musk, des expéditions sur Europe et Encelade, deux lunes lointaines autour de Jupiter et Saturne

Des questions en suspens...

Pour cette mission, présentée au coût de dévelloppement estimé à 10 milliards de dollars, le défi est immense. Afin de pouvoir le réaliser, Elon Musk envisage notamment la possibilité d’un partenariat public privé (PPP). Il évoque aussi les bénéfices de Space X (missions vers l’ISS, lancements de satellite) pour rendre ce projet pharaonique possible. Et aucune piste pour le financement n’est exclue y compris celle d’un financement participatif. Le milliardaire indique aussi que plusieurs conditions techniques doivent être réunies parmi lesquelles la réutilisation (des lanceurs), le ravitaillement en orbite ou encore la production in-situ de carburant sur Mars. Le méthane est la solution retenue comme carburant car il peut être produit avec les ressources présentes sur Mars. Sans cette dernière condition de production sur place « cela augmente de cinq fois la masse nécessaire pour le retour » souligne Elon Musk. Car oui, il y a un retour possible pour les colons. S’il admet que le voyage sera « dangereux » et que « le risque de décès sera élevé », il est vrai qu’aller sur Mars sera malgré tout « une incroyable aventure ». Une aventure qui a encore un goût très prononcé de science-fiction. S’il détaille fortement le voyage, on ne sait pas à quoi ressembleront les habitats même s’il estime qu’il faudra entre 40 et 100 ans pour établir une colonie d’un million de personnes sur Mars. Par ailleurs, on peut être surpris qu’Elon Musk considère le problème des radiations comme « mineur » et « pas mortel ». Il a seulement évoqué la possibilité d’un bouclier magnétique pour dévier le flux de radiations. Enfin, Il n’hésite pas à se projeter dans l'avenir (proche ?) avec des voyages habités vers Europe et Encelade en imaginant des dépôts de carburant** dans le Système solaire sur la route de ces lointaines étapes interplanétaires chères à Arthur C.Clarke. Une fois de plus, le fantasque milliardaire sait capter notre attention Après tout, il n’est pas interdit de rêver. Du rêve à la réalité…

Antoine Meunier

 

 

 

Crédits photos et vidéo : Space X

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

* En fait Elon Musk a sans doute regardé ce que faisait la concurrence. EN 1976, Boeing a étudié un concept monoétage de 10000 tonnes au décollage baptisé LEO. Il était destiné au "Solar Power System". Fonctionnant au Lox-Kérosène, "LEO" devait équipé de 48 moteurs et la charge utile visée sur l'orbite basse seulement 228 tonnes...

 

** Une idée également exposé dans Acta Astronautica en mai-juin...1981 !

                                                             

 

©                                             La Chronique Spatiale (2016)

 

Le voyage sur Mars selon Elon Musk...

Tag(s) : #USA

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