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Cette dernière image du sol de Tchouri a été prise par Rosetta à seulement 20 mètres de haut. La résolution est de 5mm par pixel

Cette dernière image du sol de Tchouri a été prise par Rosetta à seulement 20 mètres de haut. La résolution est de 5mm par pixel

Le rideau final est tombé aujourd’hui. Après deux ans de mission, la sonde européenne a terminé ses observations de la comète 67P Tchourimov-Gérasimenko. L’impact final a été officiellement confirmé à 13h19.

Et voilà c’est terminé. A l’heure attendue, le signal du vaisseau d’exploration lancé par l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2004 a donc disparu des écrans du centre de contrôle de l’ESOC à Darmstadt en Allemagne. Ce qui signifie que quarante minutes plus tôt, Rosetta a comme prévu touché la surface de Tchouri à une vitesse de moins de 3km/h. Jusqu’à la dernière minute, elle aura envoyé d’ultimes clichés dont la résolution atteint pour les derniers 5mm par pixel. Au cours de ses observations, la vaillante sonde en aura expédié plus de 116 000 vers la Terre. Lancée en 2004 depuis le centre spatial guyanais (CSG) par une fusée Ariane 5, la phase finale de la mission aura durée deux ans. Deux années d’intenses observations dont le point d’orgue fut bien sur l’épique descente de l’atterrisseur scientifique Philae à la surface de la comète le 12 novembre 2014. Une descente qui, on se souvient, avait pris sept heures avant un atterrissage rocambolesque car précédé par deux rebonds. Grâce aux équipes du DLR « on savait 24 heures avant l’atterrissage qu’il y avait une incertitude sur les harpons chargés d’amarrer Philae », confie aujourd’hui Francis Rocard responsable de l’exploration du système solaire au Cnes. Et il fut pourtant décidé de faire atterrir Philae. Le risque fut payant. Trois jours durant, la durée de vie de ses batteries, Philae fonctionna à merveille fournissant des gigaoctets de données avant de se réveiller une nouvelle fois à la mi-juin 2015. Et ces données récupérées par les scientifiques sont inestimables.

Les différentes phases des jets cométaires de juillet à décembre 2015

Les différentes phases des jets cométaires de juillet à décembre 2015

100 000 tonnes d’eau par jour

Que nous a appris Rosetta, dont la phase de conception a débuté avant même que Giotto ne traverse la queue de la comète de Halley en 1986 ? « Nous avons la pierre de rosette pour mieux comprendre les origines du Système solaire et les composés organiques présents », déclare ainsi Anny-Chantal Levasseur-Regourd du Latmos. Durant sa descente, Rosetta a pu étudier les gaz, le plasma et les poussières qui sont à proximité directe du noyau. Elle a ainsi fonctionné 786 jours à proximité directe de la comète. Les différentes observations ont notamment permis de déterminer que la partie la plus active se situe dans le lobe nord de Tchouri. Le 15 avril 2015, des jets de gaz s’étendant sur des milliers de kilomètres sont même détectés au niveau du cou. Durant les deux années d’observation, les données recueillies par le spectromètre Rosina permettent de quantifier la masse d’eau éjectée. Lorsque Rosetta rejoint Tchouri en août 2014 alors qu’elle se trouve à 3,5 UA*, la comète expulse quelques dizaines de tonnes d’eau chaque jour. Au périhélie, en août 2015, c’est-à-dire au point de son orbite le plus proche du Soleil, (1,24UA), la comète chasse 100 000 tonnes d'eau par jour. Un chiffre qui atteint au total 6,4 milliards de tonnes sur deux ans. 

Mosaïque non retraitée du site d'atterrissage de Rosetta

Mosaïque non retraitée du site d'atterrissage de Rosetta

2500 contacts

Par ailleurs, s’il est établi que les comètes n'ont sans doute pas apporté la vie en elle-même, elles ont sans doute apporté les éléments nécessaires à l’émergence de cette dernière tels que les acides aminés comme la glycine. Ainsi, si une comète est tombée sur notre planète dans le passé, il est probable qu’elle ait apporté la glycine. Avant Rosetta, les scientifiques avaient déjà détectés environ vingt-cinq composés organiques au cours d’autres missions d’observations cométaires comme Giotto. On apprend que Rosetta a désormais fait progresser ce chiffre a soixante. Au cours du dépouillement des données, (la mission continue dans les laboratoires), « il n’est pas exclu dans découvrir d’autres », s’enthousiasme ainsi Thierry Martin du SONC (Science Opération and Navigation Center). On estime également que les mesures récoltées pendant les quelques 14000 heures qu’auront duré les 2500 contacts avec la sonde, devraient générer des travaux de recherche pendant au moins une décennie. Un exemple ? Seulement 5% des données de la caméra Osiris ont été exploitées. Toutes les surprises de Tchouri sont donc loin d'être révélées…

Antoine Meunier

 

 

 

 

 

Crédits photos : ESA/Rosetta/A.Meunier/ESA/Rosetta

Crédit vidéo : Cnes

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*UA : pour Unité Astronomique soit la distance terre-soleil soit environ 149,6 millions de kilomètres

 

        

 

                                                                          

©                                            La Chronique Spatiale (2016)

 

 

A revoir, le direct retransmis depuis la Cité des Sciences à Paris

Tag(s) : #Exploration

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