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La sonde Osiris-Rex a été lancée par une fusée Atlas V depuis le Centre spatial Kennedy

La sonde Osiris-Rex a été lancée par une fusée Atlas V depuis le Centre spatial Kennedy

La troisième sonde du programme New Frontiers (avec New Horizons et JUNO) a décollé sans problème, hier à 7h05 de la Floride depuis le Centre spatial Kennedy (KSC). Ce vaisseau de 2,1 tonnes construit par Lockheed Martin Space Systems est parti pour un voyage de deux ans dans l'espace qui le mènera à destination en août 2018.

S’il y a deux ans Philae a réussi l’exploit de se poser à la surface de  la comète Tchouri, Origins Spectral Interpretation Resource Identification Security Regolith Explorer, (OSIRIS-Rex), ambitionne de récolter des échantillons d’un astéroïde. Celui-ci est un géo-croiseur. C’est-dire qu’il coupe l’orbite de la Terre. Découvert en 1999, il est listé par le système Sentry qui répertorie  les astéroïdes pouvant présenter un risque de collision avec la Terre. Pas de panique, ce n’est toutefois pas envisagé avant les dernières années du prochain siècle. Précédemment dénommée 1999 RQ36, il a été rebaptisé d’après l’oiseau mythique Bénou censé représenter l’âme de la divinité Rê dans la mythologie égyptienne. Ce n’est pas la première fois qu’une mission spatiale va tenter de rapporter sur Terre des échantillons d’un astéroïde. En 2010, après un voyage de sept ans, la sonde japonaise Hayabusa a rapporté quelques grammes de poussière en provenance de l’astéroïde Itokawa.

A l'aide de son bras robot TAGSAM, la sonde prélèvera au moins 60 g de matériau de surface

A l'aide de son bras robot TAGSAM, la sonde prélèvera au moins 60 g de matériau de surface

Cinq instruments scientifiques

Il faudra deux ans à Osiris-Rex pour s’approcher de Bennu puisqu’elle devra boucler une orbite solaire avant de revenir survoler la Terre le 22 septembre 2017 afin de gagner en vélocité. Elle devra s’approcher de sa cible pour être à pied d'oeuvre en août 2018. Dès lors, une phase de cartographie commencera pour déterminer un futur site où réaliser les prélèvements. Pour entreprendre cette tâche, OSIRIS-REX dispose de cinq instruments scientifiques. En premier lieu il y a l’ensemble OCAMS (OSIRIS-REX Cameras suite) qui comprend trois caméras destinées à cartographier l’astéroïde et réaliser des photos en haute définition du site. La MapCam doit rechercher de potentiels satellites de Bennu et détecter des phénomènes de dégazage. Sa résolution atteint 1m en quatre couleurs. La PolyCam donne des images à grande et faible distance de l’astéroïde. Elle sera la première à filmer Bennu depuis une distance d’environ 2,2 millions de km. La troisième caméra, la SamCam, réalise les images où sont effectués les prélèvements et filme le déroulement des opérations. L’altimètre laser OLA a pour mission de fournir des données sur la topographie du terrain. Il s’agit d’une contribution de l’Agence spatiale canadienne (CSA). Trois spectromètres complètent la charge scientifique d’OSIRIS-REX. Il s’agit d’OVIRS (OSIRIS-REx Visible and IR Spectrometer) qui réalise des mesures spectrales en lumière visible et dans l’infrarouge. Fonctionnant dans l’infrarouge, OTES (OSIRIS-REx Thermal Emission Spectrometer) doit déterminer la présence de minéraux (silicates, carbonates, sulfates, phosphates entre autres). Le spectromètre imageur à rayons X-Rexis (Regolith X-ray Imaging Spectrometer) de déterminer la présence d’éventuels éléments chimiques.

Mise sous coiffe d'Osiris-Rex avant le lancement

Mise sous coiffe d'Osiris-Rex avant le lancement

Une quantité jugée insuffisante

Pour effectuer sa récolte d’échantillons, OSIRIS-Rex est pourvu d’un dispositif de prélèvement (Touch-And-Go Sample Acquisition Mechanism) utilisant un bras articulé dérivé de la sonde Stardust. Une fois en surface, OSIRIS-REX dispose d’une réserve d’azote liquide lui permettant d’effectuer trois prélèvements pour tenter de renvoyer vers la Terre entre 60 et 2000 grammes de matière soigneusement enfermés dans une capsule dédiée. A titre de comparaison, la sonde Hayabusa en 2010 avait réussi à renvoyer environ l’équivalent de 1500 grains en provenance de l’astéroïde Itokawa. Cependant, la quantité avait été jugée insuffisante pour la réalisation d’un travail scientifique approfondi. Une fois les opérations in-situ terminées, Osiris-Rex d’entreprendra la phase de retour de sa cargaison, ce qui est planifié pour mars 2021. L’atterrissage de la capsule qui devra contenir les particules issus de Bennu est prévu dans l’Utah pour 2023. Si tout va bien, la sonde aura été précédée en 2020 par une autre mission du même type. La JAXA a en effet lancé Hayabusa 2 en décembre 2014 à destination de l’astéroïde Ryugu.

Antoine Meunier

 

 

 

 

Crédit photos : NASA

Crédit vidéo : NASA

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©                                 La Chronique Spatiale (2016)

 

Osiris-Rex en route pour Bennu. Revoir le décollage

Tag(s) : #Exploration

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