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Spoutnik 1 effectuera 1440 orbites avant d'effectuer sa rentrée dans l'atmosphère le 4 janvier 1958

Spoutnik 1 effectuera 1440 orbites avant d'effectuer sa rentrée dans l'atmosphère le 4 janvier 1958

Nous fêtons cette semaine les cinquante-neuf ans de l’envoi dans l’espace du premier satellite artificiel. Celui par qui « tout est arrivé ». Sans lui, peut-être qu’aucun homme ne serait allé dans l’espace. Cette boule métallique flanquée de ses quatre antennes a fait entrer l’Humanité dans l’ère de l’Espace.

Les 83,6 kilogrammes de Spoutnik  (littéralement «Compagnon ») comparés aux 400 tonnes de l’ISS paraissent aujourd’hui insignifiantes. En comparaison, le premier satellite artificiel tiré il y a presque six décennies n’a que 58 centimètres de diamètre alors que l’ISS est aussi qu’un terrain de foot. Son lancement le 4 octobre 1957 sur une orbite de 945 km d’apogée et de 227 km de périgée intervient dans un cadre précis : celui de l’année géophysique internationale prévue pour se dérouler de juillet 1957 à décembre 1958. Conçu par l’OKB-1, le bureau d’études dirigé par Sergueï Korolev, Spoutnik 1 renferme dans ses entrailles un émetteur dont le bip-bip va le rendre mondialement célèbre. Cette toute première mission spatiale de l’Histoire doit, parmi ses objectifs, étudier la propagation des ondes dans la haute atmosphère terrestre. Les scientifiques doivent également se pencher sur l’étude de la trajectoire du satellite. Celle-ci doit permettre de donner des informations sur la forme de la Terre et sur la densité de la haute atmosphère terrestre. Les batteries de Spoutnik 1 vont lui permettre de fonctionner jusqu’au 26 octobre, soit pendant vingt-deux jours. Son retour dans l’atmosphère est finalement constaté le 4 janvier 1958. Il aura accompli 1440 orbites et parcouru quelques sept cents millions de kilomètres autour de notre planète.

Explorer 1, la réponse réussie des Etats-Unis à Spoutnik 1

Explorer 1, la réponse réussie des Etats-Unis à Spoutnik 1

Avantage psychologique

L’ironie veut qu’en cherchant à mettre point un vecteur de lancement pour l’arme nucléaire avec la fusée R7*, Sergueï Korolev et son équipe vont, sans le savoir, créer la fusée spatiale avec la carrière la plus longue. A l’époque, la réussite de Spoutnik 1 est déjà un extraordinaire coup de propagande pour les Soviétiques qui démontre leur domination dans le domaine scientifique mais aussi dans celui des missiles intercontinentaux que l’on cherchait alors à mettre au point. Si les cinq premiers tirs du lanceur R7 Semiorka avaient été des échecs, ceux du 21 août et du 7 septembre 1957 permirent de le valider. Dès lors, la mise sur orbite réussie de Spoutnik offre l’avantage dans l’Espace à l’Union Soviétique. Et ce n’était qu’un début puisque le 3 novembre, un second Spoutnik encore plus imposant (508 kg) emporte le premier être vivant à son bord avec la chienne Laïka pour un vol sans retour. Les Etats-Unis sont à Terre. Une première réaction intervient avec le Projet Vanguard de l’US Navy pour le lancement du satellite Pamplemousse (1,5 kg !). Ce sera pire qu’un désastre. La fusée explose sur son pas de tir et la presse américaine n’hésite pas à titrer en termes peux flatteurs tels que « Kaputnik » ou encore Flopnik. Les Soviétiques gentiment cyniques envoient leurs condoléances… Il faudra finalement attendre le 31 janvier 1958 pour que l’Oncle Sam réussisse à placer sur orbite avec succès Explorer 1. Le satellite du Jet Propulsion Laboratory qui est mis au point par le Docteur William Pickering. Celui-ci permet la mise en évidence des Ceintures de rayonnements de Van Allen. En quelques mois, Spoutnik a déjà fait, de part et d’autres de l’Atlantique, quelques petits. La voie de l’Espace que nous connaissons aujourd’hui venait de s’ouvrir et c’est à Spoutnik que nous la devons.

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos DR

Crédit vidéo : India Russia TV

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

 

 

* Conçu pour être à la base un missile intercontinental, le R-7 n’a connu qu’une brève carrière en tant que tel (1960/1967). Mais depuis 1957, il peut se targuer d’être toujours en service avec plus de 1800 tirs à son actif et aujourd’hui sur deux bases de lancements (Baïkonour et Kourou depuis 2011)

 

 

 

©                                 La Chronique Spatiale (2016)

Spoutnik...

Tag(s) : #Histoire

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