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Le parachute de Schiaparelli s'est normalement déployé au cours de la descente

Le parachute de Schiaparelli s'est normalement déployé au cours de la descente

Si l’orbiteur de la mission Exomars 2016 a réussi son insertion sur orbite martienne, l’atterrisseur Schiaparelli ne donne pour sa part plus de nouvelles. Les officiels de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont apporté ce matin un début de réponse lors d’une conférence de presse au centre de contrôle de l'ESOC à Darmstaadt.

Pour la sonde Trace Gas Orbiter, les choses se présentent donc plutôt bien. En revanche, la nuit a été longue pour les ingénieurs de l’ESA afin de déterminer ce qui a pu se produire lors de la descente de l'EDM Schiaparelli, le vaisseau européen chargé de valider les technologies européennes de rentrée atmosphérique sur la planète Mars. Andrea Accomazzo, le patron des missions d’exploration planétaires de l’ESA (et ex directeur de vol de la mission Rosetta) le précise, « le vaisseau spatial ne s’est pas comporté comme attendu ». Et d’ajouter que « les données sont en cours d'analyse ». D’une masse de 577 kilogrammes, il était prévu que Schiaparelli suive une rentrée dans l’atmosphère martienne depuis une altitude de 121 kilomètres à une vitesse de 21 000 km/h. Après la phase de protection par le bouclier thermique, qui a rempli son office, le parachute s’est semble-t-il déployé à l’altitude prévue (11km). A ce moment, et selon le plan de vol programmé, le vaisseau devait encore ralentir à la vitesse de 1700 km/h. Le parachute a lui aussi joué son rôle, décélérant encore la machine à 240 km/h. Selon les signaux reçus par le radiotélescope de Pune (Inde) et par les sondes américaines (MAVEN et MRO) et Mars Express, la phase de décélération s’est également bien déroulée.

Pour TGO (ici en train de larguer Schiaparelli), l'insertion en orbite martienne a été nominale

Pour TGO (ici en train de larguer Schiaparelli), l'insertion en orbite martienne a été nominale

600 méga-bites de données transmises 

D’après les données actuellement disponibles, il semble que ce soit après le largage du parachute que les choses ne se soient pas passées comme attendues. Il était prévu que Schiaparelli se pose en douceur grâce à son système de rétro-freinage dans la région de Meridiani Planum. Andrea Accomazzo précise ainsi que si les rétrofusées se sont bien allumées, elle ont fonctionné seulement « deux à trois secondes ». Il semblerait que celles-ci se soient probablement éteintes trop rapidement et à une hauteur qui n’est pas encore connue. Schiaparelli aurait ainsi cessé d’émettre environ 50 secondes avant de toucher la surface de Mars. Toutefois, Michel Denis, le Directeur de vol, a indiqué que près de 600 méga-bites de données ont pu être collectés depuis l’atterrisseur. Les responsables de la mission restent donc confiants pour savoir ce qu’il est advenu du démonstrateur de rentrée car ces mêmes données devraient permettre d'en apprendre plus. « Il est important que nous sachions précisément ce qui s’est passé », rappelle d’ailleurs Jan Worner le Directeur général de l’ESA. Une commission d'enquête doit investiguer afin d'approfondir les recherches. Par ailleurs, la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) devrait photographier la zone où Schiaparelli s'est probablement échoué.

La mission Exomars 2020, la prochaine étape.  La sonde TGO devra relayer ses données vers la Terre

La mission Exomars 2020, la prochaine étape. La sonde TGO devra relayer ses données vers la Terre

Préparer le terrain

S'il est encore trop tôt pour conclure sur ce qui est arrivé au démonstrateur européen , l’ESA dispose tout de même d’une nouvelle sonde à poste autour de Mars. « TGO est prête pour faire pour de la science », martèle ainsi Jan Worner. Ses instruments scientifiques doivent ainsi lui permettre de pister les gaz comme le méthane qui ne compte que pour 1% dans la composition de l'atmosphère de Mars. Il s’agira donc de déterminer si ce méthane est d’origine géologique ou bien biologique. Trace Gas Orbiter aura également un second rôle à jouer : celui de relais de communication pour la mission du rover Exomars qui, initialement prévue en 2018, a été repoussée au 24 juillet 2020 suite notamment à des difficultés de financement*. Sur ce point, les ministres européens devraient se prononcer lors de la prochaine conférence ministérielle européenne sur l'espace qui se tiendra à Lucerne au début du mois de décembre.

Antoine Meunier

 

 

 

 

Crédits photos :ESA-ATG-Medialab/A.Meunier

Crédit vidéo : ESA

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 (Dernière mise à jour : 20/10/2016 17h22)

 

*cf. LCS du 3 mai 2016

 

 

©                                  La Chronique Spatiale (2016)

 

Depuis le départ de la Terre, jusqu'à l'arrivée sur Mars ou comment les choses auraient normalement du se dérouler

Tag(s) : #Vols habités-Exploration

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