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Youri Gagarine, "le père de tous les cosmonautes". Buste du premier homme de l'espace exposé devant le musée de Baïkonour

Youri Gagarine, "le père de tous les cosmonautes". Buste du premier homme de l'espace exposé devant le musée de Baïkonour

Le mythique cosmodrome de Baïkonour est le lieu qui a vu la naissance du voyage humain dans l’espace en 1961 avec Youri Gagarine. Mais depuis 55 ans, c’est également un lieu riche de trésors culturels.

A première vue, cela semble fou mais une ville de plus de 73 000 habitants a poussé au beau milieu de la steppe kazakhe il y a plus de 60 ans. Jusqu’en 1995, celle-ci portait un autre nom : Leninsk. Tout autour à des centaines de kilomètres à la ronde, il n’y a que le désert. L’été le thermomètre peut grimper jusqu’à plus de 40 degrés. L’hiver, il n’est pas rare que les températures dégringolent très largement en-dessous de zéro. Et c’est dans ce paysage qui prend des allures de western, et au climat terriblement sec, que les briques nécessaires à l’envoi d’hommes autour de la Terre et vers les planètes - la volonté initiale des soviétiques -, ont été assemblées. Baïkonour a ainsi été créée parallèlement au cosmodrome (1955). Celui-ci a servi à tester les premiers engins intercontinentaux. Les essais du missile R-7, destiné à l’origine pour délivrer l’arme nucléaire, mais qui assurera finalement la satellisation du Spoutnik 1 puis la mise en orbite de Vostok 1 (le vaisseau de Gagarine), y ont été réalisés en mars 1957. La fusée qui doit envoyer Thomas Pesquet et ses deux compagnons vers l’ISS est en fait un descendant du missile R-7 Semiorka. Depuis Spoutnik, celle-ci a été utilisée a plus de 1800 reprises dans toutes les versions possibles. Si dans les rues de la ville, la silhouette de Youri Gagarine y est omniprésente, « notre père à tous !», comme le confie l’astronaute Jean-François Clervoy, le missile Semiorka, en version Soyouz habité est aussi érigé en monument dans la rue Korolev (le concepteur de la fusée).

Sur la rue Korolev, le lanceur Soyouz est érigé en monument. On remarque une inscription d'un autre temps sur le flanc

Sur la rue Korolev, le lanceur Soyouz est érigé en monument. On remarque une inscription d'un autre temps sur le flanc

Un lieu de pèlerinage

Dans les deux musées, (celui de la ville et celui du cosmodrome) de nombreuses pièces rendent hommage à cet émouvant patrimoine culturel. La maison où Youri Gagarine a dormi la veille de son vol historique du 12 avril 1961 est un lieu de pèlerinage pour tout passionné du spatial. L’homme dans l’espace, c’est aussi la Course à la Lune qui a miné les rapports Est-Ouest pendant plus d’un demi-siècle. C’est l’impossibilité pour les ingénieurs Soviétiques de parvenir à mettre au point leur gigantesque fusée lunaire N-1. Un monstre de plus de 100 mètres qui sera tiré à quatre reprises et qui connaîtra quatre échecs entre 1969 et 1972. La Lune, l’URSS l’a survolé pour la première fois dès 1959 avec la sonde Luna 1. En février 1966, le premier alunissage en douceur est réussi par la sonde Luna 9. En 1971, les Soviétiques réussiront finalement l’exploit, de rapporter sur Terre, avec Lunokhod 1 leurs premiers échantillons lunaires en provenance du sol sélène. L’exploration planétaire prendra également une place importante dans le programme spatiale soviétique, puisque c’est de Baïkonour que partent entre autre les sondes Venera qui fourniront dès 1964 les premières informations sur la planète Vénus. Le premier atterrissage réussi a lieu avec Venera 7 le 15 décembre 1970. Aujourd'hui l'espace est une collaboration. En mars dernier, c'est la sonde européenne Exomars qui a décollé depuis Baïkonour.

Bourane, la navette russe n'aura effectué qu'un seul vol

Bourane, la navette russe n'aura effectué qu'un seul vol

Un seul vol

Mais l’une des pièces qui aura retenu notre attention est incontestablement la réplique à l’échelle 1 de la navette spatiale Bourane (Tempête de neige en russe) installé juste à l’extérieur du Musée du cosmodrome. Celle-ci est visitable et l'on peut même s'installer au poste de pilotage. Bourane était bien sur la réponse à l’avion spatial américain. Celle-ci n’a cependant volé qu’une seule fois. Après deux tours de la Terre à 160 kilomètres d’altitude, Bourane s’est posée sur la piste du cosmodrome. Faute d’argent, le programme est stoppé en 1993. L’effondrement de l’URSS n’a bien sur pas arrangé les choses. Et vingt-huit ans après ce premier et ultime vol du « Shuttle russe », et le retrait de sa jumelle américaine, c’est toujours la capsule Soyouz qui continue d’envoyer des équipages dans l’espace. Une mission qu’elle assure depuis bientôt cinq décennies en embarquant aujourd’hui les équipages internationaux vers l’ISS. Les mythes sont éternels...

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos : Antoine Meunier

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Tag(s) : #Histoire & Culture

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