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La constellation Galileo vient d'activer ses premiers services

La constellation Galileo vient d'activer ses premiers services

C’est fait. Il aura donc fallu près de dix-sept ans d’attente mais l’Europe dispose enfin de son propre système de navigation opérationnel. Presque deux décennies après son lancement, le « GPS » européen vient de démarrer son l’exploitation de ses premiers services.

Après GPS (USA), après Glonass (Russie) et après Beidou (Chine), Galileo fait donc entrée en scène. Le 17 novembre dernier, quelques heures avant le départ de Thomas Pesquet pour la Station spatiale internationale, une fusée Ariane 5 ES s’envolait depuis le Centre spatial guyanais (CSG). Les quatre passagers installés sous la coiffe du lanceur, en fait les Galileo FOC M6 Sat 15-16-17 et 18, sont venus s’ajouter aux deux précédents envoyés dans l’espace par un lanceur Soyouz Fregat en mai dernier (mission VS15). Construits par OHB Systems, ils sont les quatorzièmes lancés par Arianespace. La constellation compte en 2016 dix-huit satellites qui évoluent sur une orbite moyenne de 23 222 kilomètres d’altitude, à répartir toutefois sur trois plans orbitaux inclinés à 56 degrés. Pour être complété, le dispositif devra comporter trente satellites à poste d’ici 2020 (dont six de secours). Les prochains lancements prévoient notamment la réutilisation du lanceur Ariane 5 à encore trois reprises pour placer en orbite les douze satellites restants. La mise à poste de ces nouvelles unités, au cours des quatre prochaines années, permettra également d’optimiser la réception du signal pour les utilisateurs finaux. Par ailleurs, l’infrastructure au sol de la constelltion comporte vingt stations de réception. Il s’agit d’un dispositif qui devrait également évoluer. Depuis le lancement du programme en 1999 par la Commission européenne, l'investissement total du programme est estimé à dix milliards d'euros.

Les satellites de la constellation sont répartis selon trois plans orbitaux mais sur la même altitude (23522 km)

Les satellites de la constellation sont répartis selon trois plans orbitaux mais sur la même altitude (23522 km)

Premiers services

Interopérable avec son concurrent américain le GPS ainsi que le Glonass russe, Galileo est censé offrir une meilleur précision que son concurrent américain : de l'ordre du mètre contre dix mètres au GPS. Par ailleurs, il doit offrir plusieurs types de services aux utilisateurs finaux. Ils sont au nombre de quatre. Les premiers sont donc destinés aux objets connectés du grand public (smartphones, tablettes, etc..) et seront gratuits. Il y aura des services commerciaux disponibles pour les entreprises qui devront s’acquitter d’une taxe. Bien entendu, les Etats et les armées disposeront d’un signal sécurisé. Enfin, et c’est peut-être là le plus important, Galileo a aussi vocation à réduire le temps de localisation nécessaire pour une opération de sauvetage (pour les avions et bateaux principalement). Quand il faut actuellement trois heures pour localiser une personne en danger, le signal Galileo doit être repérable en dix minutes sous réserve d’activation d’une balise de détresse. Pour l’heure, seulement deux objets connectés sont compatibles avec le signal Galileo. C’est d’une part le smartphone Aquaris X5 Plus conçu par la société espagnole BQ, et d’autre part le Mate 9 de la marque chinoise Huawei Technologies. D'autres objets devraient toutefois logiquement arriver sur le marché, le temps que le réseau achève son déploiement.

 

Antoine Meunier

 

Crédits photos : OHB/ESA-P.Carril

Crédit vidéo : Arianespace

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© La Chronique Spatiale (2016)

 

 

 

 

 

 

Le 17 novembre, le vol Ariane 5 VA 233 emportait les quatre satellites nécessaires pour l'activation de la constellation

Tag(s) : #Satellites & Constellations

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