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Retour sur Terre pour Thomas Pesquet. L'astronaute normand aura passé 196 jours dans l'espace

Retour sur Terre pour Thomas Pesquet. L'astronaute normand aura passé 196 jours dans l'espace

Le Soyouz MS-03 est revenu sur Terre avec à son bord l’astronaute français et le cosmonaute russe Oleg Novitsky vendredi 2 juin. Au terme de la mission Proxima, Thomas aura donc passé plus de six mois en orbite.

La dix-huitième mission spatiale habitée française s’est donc terminée après 196 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS) à mettre au crédit de Thomas Pesquet. A 39 ans, il bat le précédent record français sur un seul vol spatial, détenu jusque là par Jean-Pierre Haigneré. En 1999, celui-ci avait séjourné consécutivement 189 jours lors de la mission Perseus sur la station Mir. Comment a eu lieu ce retour ? Revenir sur Terre depuis l’ISS à bord de Soyouz se fait en environ quatre heures de temps. Au cours de ce lapse de temps, les deux hommes ont d’abord sécurisé leur vaisseau en l’éloignant du complexe orbital pour se glisser sur une orbite qui leur a permis de se poser dans la steppe kazakhe. Au préalable, la première étape a consisté en la fermeture des trappes de l’ISS et du vaisseau, puis de vérifier que tout était parfaitement hermétique de part et d’autre. Ensuite, Oleg et Thomas ont revêtu les scaphandres Sokol utilisés lors du lancement. Il est alors 9h32, heure française. Le désamarrage entre les deux vaisseaux était programmé vers 10h47. Une fois en vol libre, le Soyouz MS-03 s’est éloigné du complexe orbital, poussé par un simple ressort.

Après une rentrée atmosphérique sans histoire, le Soyouz MS-03 s'est posé dans la steppe kazakh

Après une rentrée atmosphérique sans histoire, le Soyouz MS-03 s'est posé dans la steppe kazakh

5 G d’accélération

Dès qu’ils furent à bonne distance, les propulseurs ont brièvement été allumés pour continuer d’éloigner le vaisseau de l’ISS. L'esquif a accompli environ deux orbites terrestres depuis son désamarrage et se déplace à 28800 km/h. Mais pour redescendre sur Terre, il faut encore freiner. A 13h17, la désorbitation proprement dite débute. Une fois arrivé à 140 kilomètres d’altitude, l’équipage a éjecté le compartiment orbital et le module de service du Soyouz, désormais inutiles et qui brûleront dans l’atmosphère terrestre. Seul redescend la partie centrale de l’astronef. Au cours de son retour dans l’atmosphère, il était protégé par son bouclier thermique dont les parois ont été échauffées jusqu’à 1600 degrés. Les deux astronautes ont tout de même subi une accélération équivalente à peu près à cinq fois leur poids. "Sur la navette on subissait 1,5 G", rappelle l'astronaute Jean-François Clervoy. Une fois cette période critique passée, la vitesse est passée de 28 000 à seulement 800 km/h. A environ 8000 m d’altitude, le parachute principal s’ouvre, mettant fin à cette vertigineuse chute depuis l'espace. Le vaisseau ne descend plus qu’à 22 km/h. En fait, ce n’est pas encore complètement terminé… Lorsque votre vaisseau se pose sur la terre kazakh, il est une dernière fois freiné par ses rétrofusées qui s’enclenchent à un mètre du sol. Cet impact final est "viril" car cela ressemble à un « petit accident de voiture ». Pour les deux hommes du Soyouz MS-03, le contact avec le sol aura eu lieu à 16h10, heure de Paris. Ils ont ensuite été extirpés avec précaution de leur vaisseau et ont enfin pu respirer leur première bouffée d’air pur après six mois d’enfermement. Leur squelette n’ayant pas été sollicité depuis six mois, les deux cosmonautes ont été installés en position assise avant d'être confiés aux médecins. Fatigués mais souriants, ils ont pu échanger avec leurs proches. Il faut également céder au protocole. Après avoir parlé quelques instants avec Anne Mottet sa compagne, Thomas s’est ensuite entretenu avec le président Macron venu assister à la diffusion télévisée de l’atterrissage dans la salle espace du CNES. « Tenir ce téléphone est la chose la plus difficile que j’ai faite depuis six mois », plaisante Thomas en conversant avec Emmanuel Macron. Après avoir été évacué sur l’aéroport de Karaganda, le Dieppois est revenu directement par avion au Centre européen des astronautes (EAC) à Cologne où il subira toute une batterie de tests médicaux pendant encore plusieurs jours.

Dans les premiers moments sur Terre, il faut porter l'astronaute car les os du squelette ont été fragilisés par l'absence de pesanteur. Et la récupération peut varier d'un astronaute à un autre

Dans les premiers moments sur Terre, il faut porter l'astronaute car les os du squelette ont été fragilisés par l'absence de pesanteur. Et la récupération peut varier d'un astronaute à un autre

Que retenir de la mission Proxima ?

Pendant son vol, Thomas aura pris part à un total de 117 expériences scientifiques dont 62 pour le CNES et l’ESA et 55 réalisées en collaboration avec la NASA, la JAXA et l’Agence spatiale canadienne (ASC). Il a par ailleurs accompli deux sorties extravéhiculaires (EVA) en compagnie de son camarade Shane Kimbrough le 13 janvier et le 12 mars. Mais surtout, il aura été incroyablement présent sur les réseaux sociaux (comme sur l'ensemble des médias !) postant des quantités astronomiques de photographies de notre planète. Il a également répondu aux sollicitations de nombreuses classes afin de faire partager son expérience et la mettre ainsi à la portée du plus grand nombre. "J'espère que cela incitera les jeunes à aller vers les carrières scientifiques", a-t-il déclaré en s'entretenant par téléphone avec le président de la République. On ne peut que le souhaiter...

Antoine Meunier

 

 

 

 

 

 

Crédits photos : ESA-Stéphane Corvaja

Crédit vidéo : CNES

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(Dernière mise à jour : 5/06/17, 16h21)

 

 

 

©                                      La Chronique Spatiale (2017

A revoir, l'intégralité du direct réalisé par le CNES.

Tag(s) : #Vols habités-Exploration

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