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Un demi-siècle nous sépare du vol de Youri Gagarine

Il y aura cinquante ans le 12 avril prochain, l’ex URSS réussissait l’exploit d’envoyer pour la première fois un homme dans l’espace.  Aujourd'hui le nom de Youri Gagarine est connu dans le monde entier.

Le vol de Vostok I n’a pas duré longtemps : seulement cent huit petites minutes. Juste le temps de boucler une orbite terrestre. Mais ces minutes symbolisent aujourd’hui la banalisation des vols spatiaux habités. En 1961, Il fallait une réplique à ce coup de canon médiatique. Six semaines plus tard, le 25 mai, JFK propose officiellement d’engager le pays dans le programme lunaire Apollo. En 1969, Neil Armstrong prononce une phrase à 384 000 kilomètres de la Terre, désormais célèbre. Dans la foulée, le vice-président Spiro Agnew suggère par la suite l’envoi d’hommes sur Mars. La réalité sera bien différente…

 

1658

Le 25 mai 1961, le président Kennedy riposte en proposant l'envoi d'homme sur la Lune. La course est lancée.

 

Redéfinition

            Durant les vingt années suivantes, les deux Grands ont redéfini leur politique spatiale avec la navette* pour l’Amérique d’une part et un système de station spatiale pour la Russie d’autre part**. Le temps des illusions (donc des voyages interplanétaires ?) est terminé. Chacun assure son prestige dans l’échiquier politique international. Mais si les cinq décennies écoulées depuis ce 12 avril 1961 ont été émaillées par des crises financières ou politiques (chocs pétroliers des années 70, effondrement du Bloc Soviétique, Guerre du Golfe, krachs boursiers.). Le rêve de faire autre chose que de tourner indéfiniment autour de la Terre est resté, malgré tout, bien ancré, (seule la Chine affirme ses ambitions pour atteindre la Lune d'ici les années 2020).

Mais le rêve a été étouffé par les réalités politico-économiques avec lesquelles les responsables d’agences spatiales doivent compter. A défaut d’orbiter autour de la Lune ou de Mars, les astronautes se contentent aujourd’hui d’un complexe orbital qui a mis plus de dix ans à être assemblé. De plus, ce grand laboratoire qu'est l'ISS doit être aujourd’hui rentabilisé par ses concepteurs. Son exploitation devrait donc se poursuivre jusqu’en 2020. Mais une station en orbite basse terrestre ne fait pas rêver grand monde. Résultat, les exploits des « spacewalkers » ne font plus recette. Dans ces conditions, 50 ans après Gagarine, le vol habité a-t-il encore un avenir ? On peut légitimement se poser cette question car les grandes agences spatiales n’ont pas d’objectif clairement défini dans ce sens.

Toutefois, après l’annulation du programme Constellation l’an dernier par le président Obama, la NASA cible désormais l’envoi d’un équipage vers un astéroïde pour le milieu de la prochaine décennie. Pour les années 2030, Mars serait la suite logique. Autant dire que la NASA navigue à vue. De plus, l’arrêt des navettes cette année rend les Etats-Unis dépendants du Soyouz russe pour accéder à l’ISS. Et après ? L’Orion, le successeur de la navette, prendrait la suite vers 2015 au plus tôt.

 

800px-International Space Station after undocking of STS-13

L'ISS resterait en service jusqu'en 2020

 Un manque d’audace ?

Cependant, les incertitudes qui planent sur le programme habité américain traduisent bien la réalité des faits. Il n’y a aucune perspective à long terme. Ce qu’offrait enfin le projet Constellation, une part de rêve, absolument nécessaire à un programme spatial, qui fait aujourd’hui cruellement défaut. La décennie qui vient de s'ouvrir  risque donc de paraître bien monotone. Ainsi, On ne fait que continuer ce qui est en cours en changeant juste le moyen d’accès.

Alors dans une époque de crise, y’a-t-il encore de la place pour des objectifs ambitieux ? Et l’Europe. Le vieux continent agira-t-il enfin alors qu’il dispose, lui aussi, de compétences en matière de vols habités notamment avec l’ATV et le module Colombus ? Deux questions qui n’ont pas encore de réponse mais qui démontrent une chose ; le politique garde désespérément une vision à court terme. Après cinquante ans de vols habités, dont six alunissages réussis ou bien d’extraordinaires missions de longue durée, le manque d’audace se fait cruellement sentir.

Peut-être que les start-ups du secteur telle que Space X ou Virgin Galactic reprendront le flambeau ?

 

Antoine Meunier

                                                                                             

* Dont le premier vol a lieu exactement vingt ans après celui de Vostok I, le 12 avril 1981.

** La série des stations Salyut/Almaz dans les années 70 puis Mir à partir de 1986.

 

 

Crédit photos : DR

 

 

 

 

©                                                    La Chronique Spatiale (2006-2011)

 

 

Tag(s) : #Histoire & Culture

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