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749px-Crew of STS-107, official photo

Les sept astronautes de la mission STS-107. Au premier rang : Rick Husband, Kalpana Chawla et William Mc Cool. Au second rang : David Brown, Laurel Clark, Michael Anderson et Ilan Ramon 

 

Une décennie s’est écoulée depuis la perte de la navette Columbia et des sept astronautes qui composaient son équipage. Depuis, le paysage mondial du spatial habité s’est transformé.

On dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit, malheureusement ce 1er février 2003, un drame se prépare silencieusement dans les hautes couches de l’atmosphère terrestre. Dix-sept ans après la perte de la navette Challenger, la NASA va être rattrapée par le destin. Après deux semaines en orbite, Columbia qui transporte le laboratoire européen Spacehab, se prépare à revenir sur Terre. La mission STS-107 est terminée. Il est 8h10, heure de Floride quand les sept membres d’équipage reçoivent le « GO » pour la désorbitation. Columbia est sensée se poser à 9h16 sur la piste du Centre spatial Kennedy (KSC). Rick D. Husband (Cdt) et son pilote William Mac Cool placent donc l’orbiteur sur sa trajectoire de rentrée cinq minutes et trente secondes plus tard. Le point d’Interface Entrée (EI), c’est-à-dire le moment ou Columbia entre dans l’atmosphère à haute vitesse, intervient à 8h44 et 9 secondes. A ce moment précis, la température sur le bord d’attaque des ailes grimpe à 1 370 degrés. Cependant la première indication que le système de protection thermique de la navette présente un défaut, est relevée à 8h48 et 39 secondes. Un premier capteur sur le longeron de l’aile gauche indique des valeurs supérieures à celles enregistrées au cours des précédentes rentrées du vaisseau. Vingt secondes plus tard, un deuxième capteur fournit de nouvelles valeurs supérieures à la normale. A 8h59, on découvre que la mesure des pneus du train d’atterrissage de l’aile gauche est perdue. Le Capcom en informe Rick Husband quelques instants avant une brève perte de contact radio prévue entre Houston et Columbia. L’ultime communication a eu lieu à 8h59 et 32 secondes. Il est un peu plus de 9h 00 mn lorsque des vidéastes amateurs enregistrent la désintégration de l’orbiteur. Cependant à Houston, on ignore encore tout du drame qui vient de se jouer à plus de 60 kilomètres d’altitude au-dessus du Texas. La navette devait se poser à 9h16… Le bureau d’enquête déterminera qu’un morceau de mousse isolante provenant du réservoir externe s’était détaché au moment du décollage pour venir perforer le bouclier thermique de l’avion spatial. Au final, les trois navettes restantes seront immobilisées pendant trente mois avant qu’une première mission puisse repartir en juillet 2005 (STS-114 avec Discovery).

 

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  Le futur Orion sera donc un vaisseau à caractère international

 

Une nouvelle forme d'implication

Dix ans plus tard, le paysage mondial du spatial habité a bien changé. En premier lieu parce que la Chine envoit à présent elle-même ses propres équipages dans l'espace avec le Shenzhou. En second lieu, seul subsiste le Soyouz pour rallier l'ISS puisque l’accident de Columbia a entraîné la mise au rencart des navettes depuis maintenant dix-huit mois et le retour à un système de capsule côté américain. Notons aussi l'apparition d'acteurs privés comme Space X, entre autres pour le ravitaillement du complexe orbital.

Par ailleurs, et ce n'est certainement pas par hasard, le 16 janvier dernier, soit exactement dix ans jour pour jour après le lancement de STS-107, la NASA et l'ESA ont officialisé l'accord pour le développement du futur module de service de la capsule Orion. Un module qui sera inspiré de celui de l'ATV. L’ATV4 Albert Einstein devrait d'ailleurs rejoindre l’ISS le 17 avril prochain. Le cinquième et dernier exemplaire, le Georges Lemaître, est programmé pour 2014. Mais l’Europe devant continuer d'apporter sa contribution à l'ISS pour la période 2018/2020, pour la première fois les partenaires de l'ISS s’impliquent donc directement dans un système de transport spatial d’équipage. Ce futur module fournira à Orion sa propulsion, son alimentation électrique, bref toute l'énergie nécessaire aux futures futures missions. Les mauvaises langues diront qu'il s'agit d'un partage des risques et peut-être n'auront-ils pas tort. Mais la mise en commun des ressources n’est-elle finalement pas la clé pour réussir la conquête de l’espace ? La meilleure preuve en est l'ISS...

Antoine Meunier

 

Photos : NASA/ESA-D.Ducros

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©                                             La Chronique Spatiale (2013)

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