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Diagramme montrant les orbites de Cosmos et d'Iridium avant leur rencontre fatidique
Diagramme montrant les orbites de Cosmos et d'Iridium avant leur rencontre fatidique

Deux satellites se sont percutés mardi 10 février, ce qui a crée un nuage de débris dans l’espace.

C’est une première mais qui traduit bien ce qu’est devenu l’orbite basse terrestre : une autoroute sérieusement encombrée car sur les 6 000 satellites envoyés dans l’espace depuis Sputnik I en 1957, 3 000 sont encore actifs. La collision survenue la semaine dernière, entre le satellite Iridium-33 de la constellation du même nom et l’engin Cosmos-2251, à 800 kilomètres d’altitude, n’a donc en soit rien de surprenant. Mais le plus important est que le choc a produit une constellation de débris susceptible d’évoluer entre 500 et 1 300 kilomètres d’altitude, ce qui pourrait présenter un risque pour les objets se trouvant vers ces orbites. C’est le cas notamment de Hubble, le télescope spatial évolue en effet sur une orbite plus haute (environ 650 kilomètres) que celle de la Station spatiale internationale (ISS) qui se situe environ à 400 kilomètres d’altitude.

Transmission accrue de l’information

Représentation schématique de l'encombrement de la Terre
Représentation schématique de l'encombrement de la Terre

Hasard ou non, l’Agence spatiale européenne vient de lancer un programme destiné à surveiller les débris spatiaux qui polluent la proche banlieue, pardon la périphérie de la Terre afin de prévenir de futures collisions entre objets spatiaux. Ce programme a été prévu en janvier bien avant celle des satellites Iridium et Cosmos. Baptisé Space Situational Awareness, il est doté d’une enveloppe de 50 millions d’euros et doit permettre de répertorier les quelques 13 000 objets qui tournent au-dessus de nos têtes. Car en plus des satellites, il faut également y ajouter les étages des fusées porteuses. L’accident de la semaine dernière «…nous a montré que nous devons en faire beaucoup plus. Nous devons recevoir beaucoup plus de données précises afin de prévenir de nouvelles collisions », a indiqué à l’agence Associeted Press, Jean-Pierre Kaufeler, spécialiste des débris à l’ESA. Dans l’immédiat, il faut donc renforcer encore et toujours les dispositifs de surveillance. Jean-Pierre Kaufeler a précisé que les relevés actuels « ne sont pas assez précis » et qu’il faut encore plus d’information. A ce sujet, une réunion d’experts se tiendra cette semaine à Vienne sur les moyens d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise et la question devrait être à l’ordre du jour de la Cinquième conférence européenne sur les débris spatiaux de l’ESA en mars prochain.

Voici désormais un problème que les grandes agences spatiales ne peuvent plus ignorer car tôt ou tard, il finira par se reproduire. Si un « grand ménage » est bien sur exclu, car à terme même les orbites de parking risquent de se retrouver encombrées, il faudra bien un jour faire en sorte que notre orbite terrestre ne ressemble plus au boulevard périphérique d’une grande ville… ! Mais quelle est la solution pour que le ciel ne soit plus bouché ? La réponse ne semble pas encore trouvée.

Antoine Meunier

 

Sources : Associated Press / NASA / The Planetary Society/Dan Deak

Photos : The Planetary Society / NASA

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Parution précédente le 17/02/2009

 

©                               La Chronique Spatiale 2011 (2008/2009)

Tag(s) : #Satellites & Constellations

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