Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Apollo 17 crew

Les trois héros d'Apollo 17. Harrisson Schmitt et Ron Evans se tiennent debout derrière Gene Cernan

 

Le 7 décembre 1972, une fusée Saturn V emporte les astronautes Gene Cernan, Harrisson Schmitt et Ronald Evans vers la Lune pour la mission Apollo 17. Trois ans et six débarquements plus tard, le premier programme d’exploration habité d’un autre monde se termine. C’était il y a quarante ans.

Huit mois après John Young et Charles Duke qui s’étaient posés dans le cratère Descartes, Gene Cernan et Harrisson Schmitt visent quant à eux la vallée Taurus-Littrow. Celle-ci est située sur la bordure Sud-Est de la Mer de la Sérénité. Enfermés dans leur exigu module lunaire Challenger, c’est l’objectif assigné aux deux hommes qui se sont vus attribuer les trois derniers jours d’exploration à la surface de la Lune. Et durant ce temps limité, Cernan et Schmitt accompliront un travail phénoménal. Comme leurs collègues des missions précédentes, ils disposeront une station scientifique tout autour de leur point d’arrivée (l’ALSEP pour Apollo Lunar Surface Experiments Package. L'équipement comprend notamment un sismomètre et un détecteur de micrométéorites). Ils vont ensuite se lancer dans une série de trois sorties de plus de sept heures chacune pour une méthodique exploration de leur site. Pour leurs déplacements, ils disposent, comme les hommes des missions Apollo 15 et Apollo 16, du rover lunaire. Une splendide « décapotable » à deux places dont les pointes de vitesse leur permettent de filer jusqu’à 18 km/h. Un record. NASA Apollo 17 Lunar Roving Vehicle

Gene Cernan teste le LRV (Lunar Roving Vehicle). Quarante après la fin de la mission, ce même rover est toujours garé à 160 mètres de l'étage de descente du module lunaire

 

75 heures sur la Lune

Durant ces trois journées de présence, les deux hommes vont ainsi parcourir au total 35,9 kilomètres, bien que l’autonomie des batteries du rover permette de franchir une distance estimée de 90 kilomètres. La seconde de ces trois excursions permettra à Cernan et Schmitt de s'éloigner jusqu'à 7,6 kilomètres de Challenger. Au cours de cette sortie, les astronautes font une halte près du cratère Shorty et remarquent des roches orangées qui susciteront l'enthousiasme de l'astronaute géologue. Cette couleur orangée pouvait en effet laisser présager un volcanisme récent. Ce que les analyses postérieures contrediront. Au terme de leurs expéditions en surface, les deux hommes remonteront plus de 110 kilogrammes d’échantillons qui viendront s’ajouter à ceux déjà collectées pendant les missions précédentes. Des morceaux de roches qui sont encore étudiées quatre décennies plus tard. A l’issue de cette mission, l'équipage d'Apollo 17 est celui qui a passé le plus de temps sur la Lune (75 heures) et franchi la plus grande distance en « voiture »  ( contre seulement 27,7 km pour Apollo 15 et 26,55 pour Apollo 16). Avant de partir, les deux hommes dévoilent une plaque commémorative lue par Cernan : « Ici l'homme a achevé sa première exploration de la Lune, décembre 1972. Que l'esprit de paix dans lequel nous sommes venus s'étende à l'ensemble de l'humanité. »

Schmitt_Covered_with_Lunar_Dirt_-_GPN-2000-001124-copie-2.jpg

Harrisson Schmitt, ici en pleine collecte d'échantillons, fut le seul astronaute scientifique de tout le programme Apollo. Tous les autres étant des pilotes militaires

Finalement, le 19 décembre 1972, Eugene Cernan et Harrison Schmitt quitte la Lune définitivement. Mais la caméra du rover, télécommandée depuis la Terre, offre un superbe spectacle en filmant leur décollage en couleur. L’image en noir et blanc d’Apollo 11 semble désormais appartenir à une autre époque. La première vague d’exploration humaine de la Lune est terminée. Elle n’a comportée que douze hommes en six missions étalée sur trois ans. Ce qui au regard des hommes qui ont séjournés dans l’espace depuis 1961 est finalement dérisoire. De plus, la totalité des territoires explorés par les six équipages n’est pas extraordinairement vaste au regard de la superficie lunaire. Depuis cette époque, aucun homme n’est retourné visiter l’astre des nuits. Cependant les projets d’y retourner existent. C’est notamment le pari lancé en février dernier par Eric Anderson, le PDG de Space Adventures* ou encore tout dernièrement celui lancé par la toute jeune entreprise Golden Spike qui annonce des missions habitées pour 2020. Sans oublier la Chine qui, bien sur, ambitionne de lancer une mission pour la prochaine décennie. Quarante ans après le départ Apollo 17, la Lune garde donc son pouvoir attractif. Une question reste cependant toujours sur les lèvres : quand y retournerons-nous ?

Antoine Meunier

 

 

 

Crédits photos :NASA

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

 

* Cf. LCS du 9/02 2012 : http://lachroniquespatiale.over-blog.fr/3-categorie-11867920.html

 

 

 

©                                                         La Chronique Spatiale (2012)

Tag(s) : #Histoire

Partager cet article

Repost 0