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Romain Charles 

Durant la mission, Romain Charles doit notamment s'assurer du bon fonctionnement des systèmes de survie

L'équipage de Mars 500 est à présent "en orbite" autour de la planète rouge. Quelques heures avant l'atterrissage, Romain Charles, membre français du groupe, répond aux questions de La Chronique Spatiale.

 

LCS : A quelques heures de l’atterrissage sur Mars, comment va l’équipage et comment allez-vous?

Les préparatifs de l’ « amarsissage » nous changent de nos journées routinières, ce qui est un plus. L’ambiance est donc très bonne dans nos modules.

LCS : En cas de défaillance d’un de vos collègues, est-il possible que vous puissiez le remplacer « sur Mars » ?

J’ai été formé à l’utilisation des scaphandres et des logiciels de simulation utilisés pour la période martienne et je suis donc un remplaçant potentiel au cas où un de mes compagnons aurait un problème l’empêchant de mener à bien sa mission. Cependant, je vous rassure, tout le monde va très bien et je vais donc rester dans le vaisseau en orbite autour de Mars.

Mars.ESA

 Voici la simulation de Mars telle que l'équipage du vaisseau peut la découvrir

LCS : Quelles expériences vont être menées par vos coéquipiers ?

Ils vont simuler toutes les opérations qu’auront à faire les premiers astronautes à poser le pied sur Mars. Leur première tâche sera donc de planter leur drapeau ! (ESA, Russie & Chine)  Ensuite, ils échantillonneront des roches et mesureront plusieurs paramètres environnementaux comme par exemple le champ magnétique local.

 LCS : Un scaphandre a été spécialement conçu pour la mission. Quelles sont les principales différences avec un Orlan classique ?

Les principales différences de nos scaphandres Orlan-E avec un Orlan classique sont au niveau des jambes et des bras dont la mobilité a été améliorée.

 orlan E

Par rapport à un Orlan classique, les "marsonautes disposent d'un scaphandre plus mobile au niveau des jambes

LCS : Vous vivez une simulation, n’est-ce pas un peu frustrant de ne pas débarquer sur Mars pour de bon ?

J’aurai certainement préféré me diriger vers la vraie planète Mars mais cette simulation n’est pas frustrante. Je savais dès le début que j’allais rester immobile pendant ces 520 jours et je me suis préparé à cela.

 LCS : Vous sentez-vous réellement sur Mars ?

Nous avons parfois discuté de cela entre nous et tout le monde n’a pas le même point de vue. En ce qui me concerne je ne me crois pas réellement sur Mars (ou dans l’espace) mais je me crois quand même éloigné du « monde ». Nous n’avons plus aucun contact direct avec toutes les personnes travaillant autour de nous depuis plus de 8 mois et je n’arrive pas à les imaginer très proche physiquement (5-20m) alors que ma raison sait que c’est le cas !

 LCS : Malgré l’isolement dans lequel vous vous trouvez, comment réagissez-vous face aux évènements ayant lieu sur « la Terre » ?

Je n’ai pas observé de réel changement dans mes réactions face aux évènements ayant lieu sur « Terre ». Cependant, dès le début de l’expérience nous avons ressentit le besoin de garder le contact avec les actualités de nos pays respectifs. Nous avons assez rapidement mis en place une organisation avec l’ESA nous permettant de recevoir les informations de France ou d’Italie.

 

LCS : Outre la nourriture, qu’est-ce qui vous manque le plus ?

J’adore la bande dessinée mais je n’en ai pris qu’une avec moi à cause de leur poids. De temps en temps j’aimerais en relire quelques-unes.

 

LCS : A mi-parcours, quels sont les premiers enseignements que vous tirez de cette expérience ?

Après ces 8 mois passés dans les modules de Mars 500, je connais beaucoup mieux les éléments influant sur mon humeur. J’ai aussi appris à apprécier l’utilité des deux conseils qui m’avaient été donnés avant mon entrée au mois de juin 2010 : « Toujours garder un cycle jour-nuit normal » et « Toujours être occupé ».

 

LCS : Vous devez préparer le vaisseau pour le retour. En quoi cela consiste-t-il ?

Ma mission pendant la période « Martienne » reste assez proche de celle que j’ai pendant le voyage. Je dois m’assurer que tous les systèmes de survie fonctionnent correctement pour nous assurer un retour sans encombre. A partir du vaisseau orbital, j’aurai aussi à gérer les communications vers la base à la surface de Mars, puisque nous n’aurons pas la possibilité de nous joindre à tout moment.

 

LCS : Après 520 jours « dans l’espace », comment appréhendez-vous le retour ?

A ma sortie des modules de Mars 500, je pense qu’il me faudra quelques mois pour me réhabituer à une vie normale. J’ai discuté avec Cyrille Fournier – le membre français de l’équipage Mars 105 – pour savoir ce qu’il avait ressentit à l’instant de sa sortie. Il m’a dit qu’il avait été impressionné par la brillance du soleil et surtout par tous les bruits, odeurs et mouvements qu’il avait pu capter d’un coup. J’ai hâte d’en faire l’expérience !

 

LCS : Pour finir, y’a-t-il un message que vous voulez faire passer ?

Je remercie tous les lecteurs de La Chronique Spatiale de suivre l’aventure Mars 500 surtout pendant cette période riche en évènements.

 

Propos recueillis par Antoine Meunier

Un très grand merci à Steve Légère pour avoir rendu possible cet entretien par mail interposé.

 

 

 

Crédit Photos : ESA

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©                                             La Chronique Spatiale (2011)

Tag(s) : #Interviews

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