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L'ATV J.Kepler, ici en écorché, devrait s'élever de Kourou le 15 février (Crédit : ESA-D. Ducros)

 

Dans moins de quinze jours, le Johannes Kepler, second exemplaire du vaisseau ravitailleur européen, sera lancé depuis le Centre spatial Guyanais (CSG). Petit retour sur une aventure initiée il y a plus d’une décennie.

A la fin des années 90, alors que l’ISS n’est encore qu’une animation 3D sur ordinateur, la nécessité d’un vaisseau de ravitaillement pouvant répondre aux besoins des futurs équipages en orbite s’impose. Les partenaires de l’ISS tablent sur Progress qui assure déjà la desserte de Mir. Mais les capacités du ravitailleur de la station russe n’atteignent que 2,3 tonnes d’emport. Toutefois, Mir est plus petite et n’accueille que trois cosmonautes alors que l’ISS autorise à présent la mise à poste de six personnes en permanence dans l’espace. L’Automated Transfert Vehicle pour Véhicule de Transfert Automatique (ATV) est retenu. Le premier sera baptisé Jules Vernes en hommage au célèbre écrivain, qui, il est important de le rappeler, imagina avec une extraordinaire précision le voyage lunaire dans son roman De la Terre à la Lune paru en 1865.Iss016e034191

Le 8 avril 2008, le Jules Vernes devient le premier vaisseau européen à s'amarrer à l'ISS (photo: NASA)

 

Quatre semaines de répétition

D’ordinaire un vaisseau spatial met environ deux jours pour rallier la Station spatiale internationale depuis son site de lancement. Ici, le Jules Vernes étant le premier ATV, il est décidé que la mission s’étalera sur quatre semaines pour vérifier divers paramètres en orbite. C’est en effet un vaisseau complètement automatisé, aucun équipage ne se trouve à bord. Le 9 mars 2008, une fusée Ariane 5 ES place le Jules Vernes en orbite. Pendant quatre semaines le vaisseau répète ses manœuvres d’approche afin de garantir la sécurité de l’équipage en place dans l’ISS. Ainsi, l’ATV est équipé d’un dispositif appelé CAM pour Collision Avoidance Manoeuver. Il s’agit d’un système de dernier recours qui permet d’éviter une collision et qui a été testé des centaines de fois au sol. Une fois dans l’espace, Jules Vernes refait inlassablement sa procédure d’approche qui prévoit notamment l’arrêt à plusieurs points de position (30 kilomètres, 3 kilomètres, 280 mètres, 25 mètres et à 12 mètres). Si tout se passe comme prévu, Jules Vernes s’amarrera en toute sécurité : le maître mot de la mission.ATVJK reboost1

Outre sa mission de ravitaillement, l'ATV peut rehausser l'orbite de l'ISS (Crédit : ESA-D.Ducros)

 

Vers un vaisseau habité ?

Le 4 avril 2008, l’Europe spatiale s’offre avec brio son premier rendez-vous spatial réussi avec l’ISS. Désormais, le vieux continent dispose lui aussi de son propre moyen d’accès à l’espace. Quatre nouvelles unités doivent se succéder pour ravitailler la Station spatiale internationale. Le 15 février, le Johannes Kepler devrait donc normalement rejoindre l’ISS. Il sera suivi l’an prochain par l’Edoardo Amaldi. Plus qu’un simple vaisseau cargo, l’ATV symbolise aujourd’hui ce à quoi l’Europe peut accéder : envoyer des hommes dans l’espace. Les industriels ayant conçu le vaisseau en ont acquis le savoir-faire nécessaire notamment pour une rentrée atmosphérique avec l’ARD* en 1998. Sans oublier les différentes contributions à l’ISS comme le module Columbus. A l’heure ou la Chine a, à son tour acquis la maîtrise des vols habités et où l’Inde montre également des velléités dans ce domaine, aucune décision n’a été prise en matière d’un véhicule habité en Europe. La conférence ministérielle de 2008 n’a malheureusement pas permis de faire avancer les choses dans ce domaine. Toutefois, en juillet 2009, l’ESA a commandé à EADS Astrium une étude de faisabilité pour un montant de 21 millions d’euros pour une capsule automatisée susceptible de s’amarrer à l’ISS et de ramener du fret sur la Terre. Il s’agit de l’ARV (l’Advanced Return Vehicule). Ce qui constitue certes un premier pas. Mais une question se pose : pourquoi lancer une simple étude pour un vaisseau automatique de plus alors qu’il n’y aura bientôt plus qu’un seul moyen d'envoyer des astronautes vers l’ISS avec le Soyouz ?

Antoine Meunier

 

 

Les ravitailleurs de l’ISS

Plusieurs vaisseaux ravitaillent la Station spatiale internationale en premier lieu duquel le Progress. Il s’agit d’un engin basé sur la capsule Soyuz d’une capacité d’environ 2,5 tonnes et qui s’amarre à l’ISS trois à quatre fois par an. Le Japon participe également aux opérations de ravitaillement avec le vaisseau « H-II Transfert Vehicle » (ou HTV) qui peut emporter jusqu’à 6 tonnes de fret (dont 1,5 tonne dans une soute non pressurisée). Un second exemplaire a été envoyé le 27 janvier avec succès vers la Station spatiale internationale. La phase d’approche de l’HTV diffère légèrement de l’ATV puisque lors de son rendez-vous avec l’ISS, le vaisseau est saisi par le bras manipulateur Canadarm 2 qui est piloté depuis la Station. Il est ensuite « docké » au complexe. Lors du premier accostage, le 10 septembre 2009, le vaisseau s’est amarré au module Harmony.

 

*Atmospheric Reentry Demonstrator : Démonstrateur de rentrée Atmosphérique

 

 

Crédits photos  : ESA-Daniel Ducros, NASA

 

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©                                La Chronique Spatiale                 (2011)

 

Tag(s) : #Europe

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