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Launch of Freedom 7 - GPN-2000-000859

5 mai 1961, lancement de la toute première mission spatiale habitée américaine

 

Trois semaines après le premier vol habité soviétique, les Etats-Unis, au pied du mur, doivent absolument réagir. La mission Mercury III est mise sur pied avec Alan Shepard comme premier astronaute. Le grand match de la conquête de l’Espace commence. Nous sommes le 5 mai 1961.

 

Si Youri Gagarine a réussi à boucler une orbite terrestre, Alan Shepard le sait, son vol sera très court : juste quinze minutes. Ce sera un simple tir balistique car la fusée Redstone n’est pas suffisamment puissante pour expédier la capsule Mercury en orbite. Peu importe, le plus important est que la NASA prouve au monde entier que l’Amérique peut, elle aussi, envoyer un homme dans l’espace. A la base, ils étaient trois en lisse pour la première place, Gus Grissom, John Glenn et Alan Shepard. Finalement, ce dernier est choisi par Bob Gilruth, Grissom vient en second et Glenn est désigné comme back-up. Le lancement est programmé pour le 2 mai mais il est reporté de trois jours suite à de mauvaises conditions météos. Il fait encore nuit, lorsque Shepard, engoncé dans sa combinaison Goodrich, s’installe dans la minuscule cabine Mercury. Pendant quatre heures, il attend le feu vert pour ce lancement qui constitue la réponse directe à Vostok 1 survenue le 12 avril précédent. Mais quelques difficultés viennent perturber le compte à rebours. Cette attente a un effet des plus désagréable sur la physiologie de l’astronaute. L’anecdote a été rendue célèbre par le film L’Etoffe des Héros, puisque notre homme se retrouve pris d’une forte envie d’uriner. Il est autorisé à se soulager dans sa combinaison. Un incident qui sera heureusement sans gravité.

Alan Shepard in capsule aboard Freedom 7 before la-copie-1

Contrairement à Gagarine, Shepard sera en mesure de piloter son vaisseau durant le vol

 

Piloter le vaisseau

Finalement, à 9h34 ce 5 mai 1961, sous les yeux de quarante-cinq millions de téléspectateurs américains, l’ensemble Redstone-Mercury s’élève dans le ciel de Floride. Au bout de cent vingt secondes de vol, l’astronaute subit tout de même six G d’accélération. A deux minutes et vingt-et-une secondes huit dixième après le lancement, la fusée Redstone s’éteint et se dissocie de Freedom 7. La séparation avec la tour de sauvetage intervient à 2mn 22 s et deux dixièmes. A la différence de son prédécesseur soviétique, Shepard peut manoeuvrer son vaisseau : tangage, lacet, roulis, il passe en revue les trois axes de contrôle. L’apogée de son vol se situe à 187 kilomètres d’altitude. Pendant son vol, Alan Shepard connaît une période de cinq minutes de micropesanteur durant laquelle il effectue des observations visuelles au travers du périscope. Vient ensuite le moment du retour où il place sa capsule en manuel pour la trajectoire de rentrée. Quinze minutes et vingt-deux secondes après son décollage, la capsule Mercury III est récupérée par le porte-avions Lake Champlain à 486 kilomètres de son point de départ. La mission est un succès. Trois semaines plus tard, le président Kennedy utilise Freedom 7 comme levier pour lancer la course à la Lune. Il est d’ailleurs intéressant de rappeler qu’avant et immédiatement après son élection, l’espace ne faisait pas partie des priorités de JFK. Toutefois, la Guerre Froide a changé cette donne. Comme Gagarine, Alan Shepard est devenu un héros national, mais un coup du sort le frappe en 1963. Atteint par un Syndrome de Ménière (une pathologie touchant l'oreille interne), il est interdit de vol et doit patienter six longues années pour réintégrer la rotation des astronautes. En 1971, il commande la mission Apollo 14. Il prendra par la suite la tête du Bureau des astronautes pour que son copain Deke Slayton puisse voler lors de la mission Apollo-Soyouz de 1975. Reconverti dans les affaires, Alan Shepard s’éteint en 1998 à l’âge de 74 ans des suites d’une leucémie après avoir passé au total 216 heures et 57 minutes dans l’espace en deux missions.

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos : NASA

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©                                                        La Chronique Spatiale (2011)

Tag(s) : #Histoire & Culture

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