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Partie depuis le 13 janvier 2006, la sonde file actuellement vers la lointaine planète Pluton. Un périple qui devrait la mener à destination, si tout va bien, le 14 juillet 2015. Une odyssée de presque cinq milliards de kilomètres dans le système solaire.

Il y a exactement cinq ans, le 28 février 2007, un petit engin d’une demi tonne utilisait l'assistance gravitationnelle fournie par Jupiter afin de gagner les 4 Km/s nécessaires à son trajet vers la destination la plus reculée jamais visée : Pluton. Disons-le, c'est une une nouvelle qui à l'époque reste relativement inaperçue mais pas pour l’équipe du Docteur Alan Stern qui suit la sonde New Horizons depuis son lancement au Centre spatial Kennedy (KSC) en janvier de l’année prédécente. Cette mission d’un coût de sept cents millions de dollars est en fait un véritable défi. Déjà, du fait de l'éloignement entre Pluton et la Terre, un total de 9 heures sera nécessaire pour une communication dans les deux sens avec New Horizons quand elle se trouvera à pied d'oeuvre après avoir franchi cinq milliards de kilomètres à travers la moitié du système solaire. Un chiffre qui donne le vertige. Ainsi, de nombreux paramètres ont du être pris en compte notamment celui de l’alimentation en énergie. Compte tenu de l’éloignement avec la Terre et du Soleil, l’emploi de panneaux solaires pour l’alimentation en énergie est exclu. Solution retenue : l’utilisation d’un générateur thermoélectrique à radio-isotope qui utilise la chaleur produite par la désintégration de pastilles de dioxyde de Plutonium 238. Et pour évoluer dans une région aussi éloignée du système solaire, Pluton se situant à une distance variant entre 30 et 49 UA* du Soleil, la sonde est conçue afin que la chaleur ne puisse pas s’échapper. Electronique et instruments scientifiques sont donc soigneusement enfermés dans des compartiments recouverts d’une protection thermique dorée. La chaleur dégagée par les éléments électroniques est ainsi conservée dans une fourchette comprise entre 10 et 30 degrés Celsius. Io

28 février 2007, New Horizons survole Jupiter et livre ce cliché de Io

Un ambitieux voyage

Pour remplir ses différentes missions sur place, New Horizons est équipée de sept instruments scientifiques destinés à dresser un portrait de Pluton et Charon, son principal satellite. Quand les observations commenceront, dix semaines avant cette rencontre encore inédite, les vues attendues du Système Pluton-Charon devraient être d’une qualité supérieure à celles recueillies jusqu'à là par le Télescope spatial Hubble (HST). Mais selon le site de la mission, les observations quotidiennes de la sonde ne débuteront que quatre semaines avant le survol. Et qui sait, peut-être en apprendrons-nous plus sur les lunes Nix, Hydra et P4 (découverte le 20 juillet 2011), dernière lune connue de Pluton mais qui ne dispose pas encore de nom officiel. Si la mission se déroule comme prévu, New Horizons poursuivra par la suite sa route pour étudier un ou plusieurs objets de la Ceinture de Kuyper. Mais ce ne sera pas avant la période 2016/2020.

NewHorizonsatPluto

Il faudra attendre le 14 juillet 2015 pour que New Horizons croise les parages de Pluton

Dans l’immédiat, New Horizons se trouve actuellement au-delà de l’orbite d’Uranus à encore trois ans de voyage avant d’atteindre ce qui constitue finalement la première étape de sa mission. Afin de marquer l’évènement, l’équipe, qui suit la sonde, a lancé une pétition auprès de la poste américaine pour que soit émis un timbre à l’effigie du vaisseau (Dan Durda, l'un des scientifiques, en a réalisé un projet très abouti). Cependant, la procédure pouvant durer trois ans, New Horizons risque d'arriver à destination. D'ici là, il est prévu que la sonde croise l'orbite de Neptune en août 2014. Onze mois plus tard, elle devrait effectuer le survol de son objectif. Pour cela, il faudra encore patienter 1235 jours et pour la première fois, peut-être, un engin spatial nous livrera des images de la planète que découvrit Clyde Tombaugh en 1930. Le système solaire n'a pas encore finit de nous dévoiler ses secrets...

Antoine Meunier

    

 


 

L'équipement scientifique de New Horizons

Ralph : Spectromètre et imageur dans l'infrarouge et le visible. Fournit la couleur et les températures des cartes

Alice  : Spectromètre ultraviolet analysant la composition et la structrure de l'atmosphère de Pluton et inspecte les environs de Charon et d'éventuels objets de la Ceinture de Kuyper

Radio Science EXperiment: Radiomètre passif devant mesurer la composition atmosphérique et la température

SDC : (Student Dust Counter) Mesure les poussières sur le trajet de la sonde pendant son voyage vers Pluton. Expérience mise par les étudiants de l'Université de Boulder (Colorado)

LORRI : Le LOng Range Reconnaissance Imager doit permettre la cartographie de Pluton ainsi que des informations sur sa géologie.

PEPSSI : (Pluto Energetic Particle Spectrometer Science Investigation) Spectromètre mesurant la composition et la densité du plasma s'échappant de la planète.

SWAP : (Solar Wind Around Pluto) Spectromètre devant déterminer les interactions du vent solaire avec l'atmosphère de Pluton 

 

 

Crédits Photos : http://pluto.jhuapl.edu/index.php/JPL

Sources : JPL/http://pluto.jhuapl.edu/index.php

Contacts

 

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

  *UA :  1 Unité Astromique équivant à environ 149 600 000 de kilomètres, soit la distance Terre-Soleil

 

Edit : Dans ses entrailles, il faut tout de même rappeler que New Horizons emporte également un CD-Rom sur lequel les noms de 434 738 personnes sont gravés, ainsi que quelques cendres de Clyde Tombaugh.

 

 

©                                                         La Chronique Spatiale (2010-2012)

Tag(s) : #Exploration

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