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800px-International Space Station after undocking of STS-13

La Chine a fait savoir qu'elle ne prendrait pas part à l'ISS

 

Alors que la navette Discovery s’apprête pour son dernier lancement, la Chine a fait savoir ce week-end qu'elle ne participerait pas l'ISS.

C’est bien connu, les politiques sont versatiles. Pour comprendre, il faut remonter un peu plus de trois ans en arrière lors du 17ème Congrès du Parti communiste chinois (PCC).  En octobre 2007, le Vice-Ministre chinois Li Xueyong chinois des Sciences et des Technologies indiquait que la Chine souhaitait « sincèrement coopérer avec les Etats-Unis dans l'exploration spatiale et participer au projet de Station spatiale internationale qui implique déjà 16 pays". Il convient de préciser qu’à l’époque, nous étions encore sous l’administration Bush. Trois ans plus tard, la position chinoise est radicalement opposée. "La Chine est prête à coopérer dans le cadre du projet de sa future station et invite tous les pays à le faire", précise à RIA Novosti Wu Ji directeur du Centre pour les sciences spatiales et la recherche appliquée de l'Académie des sciences chinoise (CSSAR). Comprenez, elle invite ceux qui le souhaitent à se joindre à SA propre station spatiale qu’elle devrait mettre en orbite vers le début de la prochaine décennie. D’ici 2022 indique par ailleurs Wu Ji. Il n’est donc maintenant plus question d’embarquer dans le vaisseau ISS. En résumé, La Chine veut garder sa singularité dans son propre programme spatial habité. Ce qui n’est en soi finalement pas une surprise.

12044410D'une masse de 8,5 tonnes, Tiangong 1 aurait une vie opérationnelle de deux ans

L’étape suivante

Le prochain vol Shenzou devrait constituer le chapitre préliminaire pour l’assemblage d’un laboratoire orbital. Celle-ci devrait intervenir, vraisemblablement, à la fin de l’année avec la mise en orbite de Tiangong 1 (palais volant) et de Shenzou 8 (un Tiangong 2 et un Tiangong 3 suivraient en 2013 et 2014/2015). Celles-ci seront toutes deux inhabitées. Avant la mise en place d’une quelconque station spatiale, cette mission constitue une nécessité car la technique du rendez-vous en orbite est obligatoire pour que les vaisseaux puissent se « docker » en toute sécurité à la future station. En 2012, les missions Shenzou 9 et 10 pourraient, par la suite, s’amarrer au petit laboratoire Tiangong. Mais peut-on y voir une montée en puissance de l’Empire du milieu dans le club très fermé des vols habités ? Si le secret a toujours plus ou moins entouré le programme Shenzou, il n’en demeure pas moins que les taïkonautes pourraient donc bien assurer une présence permanente dans l’espace au cours de la prochaine décennie. Avec une NASA qui cède sa place* (pour un temps du moins) dans le domaine des vols habités, les prochaines années risquent fort d’être celles du Soyouz et surtout du Shenzou.

 

Antoine Meunier

 

 

Crédits photos :NASA/CCTV

Sources : http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-10/17/content_506474.htm / spacedaily.com

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

*Air&Cosmos du 18 février rapporte que la proposition de budget 2012 de la NASA réduirait « considérablement le financement de l’exploration humaine ».

 

 

 

 

 

 

 

 

©                                            La Chronique Spatiale (2011)

Tag(s) : #Chine

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