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Cooper - GPN-2000-000997

15 mai 1963, la mission Mercury 9 décolle. Au sommet, la capsule Faith 7

 

C’était il y a cinquante ans. Faith 7, le dernier vol Mercury, première mission spatiale américaine d’une journée, décollait de Cap Canaveral. L’astronaute Leroy G. Cooper était aux commandes.

Quand la fusée Atlas 130-D emporte Gordon Cooper dans l’espace ce 15 mai 1963, ce n’est pas uniquement les vols Mercury qui se terminent, c’est aussi le premier acte du programme spatial habité américain. La course vers la Lune avec les Soviétiques est lancée depuis deux ans. Cooper (incarné dans L’Etoffe des Héros par l’acteur Dennis Quaid) est l'un des tous premiers "concurrents" de ce bras de fer du destin. Il ne le sait pas encore mais malheureusement, il ne fera pas partie du sprint final. Pour l’heure, il clôt le ban de la première vague des vols habités américains. Désigné en 1962 pour ce vol, il est le sixième des sept astronautes Mercury à voler (Deke Slayton a été interdit de vol suite à un problème cardiaque). A cette époque de pionniers, tout est à découvrir. Ainsi, les deux premières missions (Shepard puis Grissom en 1961) n’étaient que de simples tirs balistiques d'à peine un quart d'heure, les trois suivantes ont prouvé qu’il était possible d’envoyer un homme en orbite et de le ramener sain et sauf. Seulement, ces missions ne dépassaient pas quelques heures. En effet, celle de John Glenn en février 1962 s’étale sur trois orbites pour une durée de 4h55 mn, pareil pour Scott Carpenter en mai. En octobre, Wally Schirra double le nombre d’orbites et établit un record de durée à 9h13 mn et 11 secondes. C’est mieux mais ce n’est pas encore assez pour concurrencer les Russes. Il faut aller plus loin.

Mercury_Astronaut_Gordon_Cooper_Jr._-_GPN-2000-001402.jpg

Gordon Cooper, ici en tenue de vol. Il commandera par la suite Gemini 5 en 1965. Par un caprice du destin, il décède le 4 octobre 2004, le jour ou le Space Ship One remporte le Ansari Xprize, et du 47ème anniversaire de Spoutnik I

Reconfiguration

Avec le dernier vol Mercury, la toute jeune NASA se voit donc offrir la chance d’envoyer un homme dans l’espace pendant une journée complète et de pousser son vaisseau dans ses retranchements. En Union Soviétique, tous les Vostok après celui de Gagarine ont dépassé les vingt-quatre heures en durée. Avec la mission Mercury 9, la NASA veut donc rétablir l’équilibre. Modifier l'astronef s'avère donc nécessaire. Mac-Donnell se charge donc de reconfigurer quatre capsules Mercury pour qu'une mission d’une journée dans l’espace soit possible. Le périscope est ainsi retiré, des batteries et des réservoirs d’oxygène supplémentaires sont notamment rajoutés.

Mercury On Deck-2

C'est le porte-avions Kearsage qui a récupéré la capsule Faith 7 au terme d'une mission sans histoire

Au cours de son vol, Gordon Cooper n’aura ainsi pas le loisir de s’ennuyer. Dès sa troisième orbite, il démarre un programme de onze expériences. Il doit notamment déployer un ballon relié à un filin de trente mètres. Le but de cette expérience est de mesurer les différences atmosphériques entre le périgée (160 km) et l’apogée (260 km). Il prend également de nombreuses photos du Tibet, de l’Himalaya. Il n’est peut-être que le dixième homme à voyager dans l’espace mais il se révèle être un remarquable observateur en décrivant visuellement une foule de détails : des routes, des fleuves, des petits villages même des maisons lorsque les conditions atmosphériques le lui permettaient. Aujourd’hui, les satellites observent quotidiennement toutes les activités humaines.

Si la mission se déroule sans incident, les premières difficultés techniques survinrent au 19ème tour de Terre. Après 22 orbites, une rentrée en commandes manuelles et un peu plus de 34 heures de vol, le vaisseau se pose à 6,5 km du porte-avions USS Kearsarge. Au cours de ce vol, Gordon Cooper aura été le premier Américain à dormir en orbite (six heures) mais aussi vraisemblablement à jamais le dernier, à partir seul dans l'espace. Un septième vol Mercury de trois jours (MA-10) fut un temps envisagé. L'idée était de tenter de battre le record établi par Andrian Nikolaïev (64 orbites au cours de Vostok 3). Cependant, pour des missions d’une telle durée, un nouveau vaisseau s'imposait; ce sera Gemini. L'aventure qui s'annonçait pour 1965 promettait une nouvelle fois d'être passionnante...

Antoine Meunier

 

 

Sources : NASA

Crédits Photos : NASA

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(Dernière mise à jour : 28/04/13)

 


©                                            La Chronique Spatiale                 (2013)

Tag(s) : #Histoire & Culture

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