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vostok 1 gagarine

Tous les vaisseaux habités soviétiques et russes ont utilisé une fusée qui descend de celle utilisée par Youri Gagarine en 1961 au cours de son vol historique

Dans un peu plus d’un mois nous fêterons les 50 ans du tout premier vol spatial habité. Une performance qui n’aurait peut-être pas été possible sans une fusée dont le nom se confond aujourd’hui avec la capsule spatiale du même nom.

Le 12 avril 1961, un jeune homme de 27 ans, pilote de chasse dans l’armée de l’air Soviétique, stupéfie le monde en effectuant un tour complet de la planète à bord du vaisseau Vostok I. Le vol de Youri Gagarine a l’impact que l’on sait puisqu'il lance la Course à l’espace. Les programmes Mercury, Gemini et Apollo, ont bien évidemment été les répliques américaines. Toutefois, qui aurait pu prédire que la fusée R-7 Zemiorka de Sergueï Korolev - l’alter ego russe de Werner von Braun -, poursuivrait une carrière aussi diversifiée ? Conçue à la base pour servir de missile intercontinental, elle connaît un destin bien différent. En 1957, le Sputnik I lui doit d’être en orbite. Par la suite, les versions successives lanceront la totalité des vaisseaux habités russes. Cet inventaire comprend les Vostok, les Voshkhod et bien sur les Soyouz ainsi que l'intégralité de ses différentes déclinaisons depuis 1967. Année qui marque, entre autres, la perte du cosmonaute Vladimir Komarov lors de la dramatique mission Soyouz I du mois d'avril.

 Soyuz-U with Progress-M59 on launch pad

Un exemplaire de Soyouz-U  va envoyer le cargo de ravitaillement Progress M-59 en orbite. La coiffe diffère du Soyouz habité, notamment par l'absence d'une tour de sauvetage

Kourou, l’aventure du Centre spatial guyanais

Au cours de la décennie 70, si les Etats-Unis parient sur un lanceur (partiellement) réutilisable avec la navette, le Soyouz  permet l’acheminement des vaisseaux du même nom vers les stations Salyut dans les années 70 et 80 puis de Mir de 1986 à 2001. Il serait cependant injuste de réduire la contribution de cette vénérable fusée aux vols habités. Avec près de  1 800 tirs à son actif, un record inégalé probablement avant très longtemps, le lanceur Soyouz a considérablement diversifié son activité. La création de la firme Starsem en 1996 a permis la commercialisation des services de cette increvable fusée sur le marché mondial des lanceurs. Quelques exemples de sa réussite ? La sonde Mars Express, c’est le lanceur Soyouz, Venus Express c’est encore lui. Les premiers éléments du projet Galileo (Giove-A et Giove-B) ou encore des satellites de télécommunication du réseau Globalstar, c’est toujours lui.

Soyuz TMA-9 launch

Décollage de la mission Soyouz TMA-9 le 18 septembre 2006 avec Anousheh Ansari, première femme touriste spatiale

Mais qu’est-ce qui explique sa longévité ? Probablement s'agit-il de sa production en très grande série et de sa robustesse. Dans les années 80, près de soixante exemplaires par an sortaient des ateliers de Samara en Russie. Aujourd’hui, la carrière de Soyouz franchit une nouvelle étape. En août prochain, un premier tir devrait être réalisé depuis le centre spatial guyanais de Kourou (CSG). Lors de ses traditionnels vœux du mois de janvier, Jean-Jacques Dordain déclarait que « 2011 sera l’année des lanceurs *». Mais 2011 marque le demi-siècle d’utilisation d’un lanceur d’exception dont la vie opérationnelle est loin d’être terminée. Cependant, une question demeure : verrons-nous un jour un Soyouz en version habité à Kourou ? La question ne se pose pas. Du moins pas encore...

Antoine Meunier

 

Crédits photos: NASA

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

*cf chronique du 14 janvier 2011 « Trois astronautes européens dans l’espace en 2011 »

 

 

©                                             La Chronique Spatiale (2011)

Tag(s) : #Histoire

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