Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

FullMoon.jpg

 

  Bien qu'il n'y ait pas encore de date officielle pour une mission habitée, la Lune est désormais un objectif officiel

La semaine dernière, la Chine a rendu public son « Livre Blanc 2011 de l’Aérospatial Chinois ». L'envoi d'hommes vers la Lune figure désormais ouvertement parmi les futurs objectifs.

La Chine a dévoilé un secret qui n’en est déjà plus un : sa volonté d’envoyer des hommes sur la Lune. Officiellement, il s’agit de mener les études préliminaires pour une mission habitée sur notre satellite. Cependant, selon Zhang Wei, porte-parole de l’agence spatiale chinoise (CNSA), aucun calendrier n’est encore arrêté quant à un futur alunissage habité. C’est ce que rapporte le site Chinadaily.com dans son édition du 30 décembre. « Mission lunaire à l’horizon », pouvait-on ainsi lire en titre. Rappelons que la Chine ne comptabilise pour l’instant que trois missions habitées (Shenzhou 5, 6 et 7). Toutefois, le vol Shenzhou 8 de novembre, a permis d’acquérir la technique du rendez-vous orbital, condition indispensable pour travailler en orbite mais aussi pour assembler un train spatial.  C’est un premier point. Mais avant de parvenir à la Lune, il convient de disposer d’un lanceur lourd. Une fusée de fort tonnage, comme la Saturn V* par exemple, est obligatoirement nécessaire pour débarquer sur notre satellite. La fusée Longue Marche 5 n’est en effet pas dimensionnée pour déposer des hommes en surface. Elle reste le vecteur principal pour placer en orbite terrestre les éléments de la future station spatiale qui est planifiée pour 2020. Prévue en principe pour 2014, la capacité de la Longue Marche 5 lui permet de placer des éléments de l’ordre de 25 tonnes sur orbite basse. Aussi, la Chine annonce dans son Livre Blanc que des études sur un lanceur susceptible de mener une mission lunaire habitée, seront menées au cours des cinq prochaines années.


Shenzhou-6.jpg

Pour aller sur La Lune, un lanceur plus puissant que l'actuelle LM-2F et la future LM-5 sera nécessaire (ici, lancement de Shenzhou 6 en 2005 avec une fusée LM-2F).


Quelle première mission ?
Aussi, à supposer qu’un débarquement lunaire arrive au cours de la prochaine décennie, il paraîtrait logique que la Chine commence par un vol circumlunaire comme autrefois avec Apollo 8**. Ainsi, si une mission chinoise vers la Lune était planifiée, un vol autour de notre satellite demeure l’option la plus crédible et la plus sure. Mais pourquoi se contenter de faire un tour de Lune et revenir à la maison ? Parce qu’il paraîtrait logique qu’un voyage de ce type soit la première étape pour « reconnaître le terrain » avant d’envisager un débarquement. Par ailleurs, un vaisseau Shenzhou orbitant autour de la Lune assurerait un prestige énorme à la Chine, aussi considérable que celui de la mission Apollo 8 de 1968 pour les Etats-Unis lors de la Guerre Froide. Mais dans l’immédiat, la Chine doit continuer d’acquérir de l’expérience avant d’envisager une mission aussi ambitieuse. Et même si les vols de Shenzhou se succèdent à un rythme, pour le moment, plutôt lent, les taïkonautes  emmagasinent de l’expérience. Plus vite que l’on ne l’on croit ?

 

Antoine Meunier

 

Sources : Le quotidien du peuple/Chinadaily.com/lefigaro.fr
Crédits photos : NASA/DR
Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr
lachroniquespatiale.over-blog.fr


*Ses capacités sont respectivement de 118 tonnes pour l’orbite basse terrestre (LEO) et de 47 tonnes pour la Lune.
** Dans son ouvrage de 2007, La Chine veut la Lune, Philippe Coué évoque un article de 2003 de la revue chinoise Missiles and Spaces Vehicles qui porte sur une analyse du système de navigation de la mission Apollo 8. L’article en question n’est, à priori, disponible qu’en mandarin.
Lien vers l’article : http://en.cnki.com.cn/Article_en/CJFDTotal-DDYH200306008.htm



(Dernière mise à jour: vendredi 6 janvier 2012)

©                La Chronique Spatiale (2012)

Tag(s) : #Chine

Partager cet article

Repost 0