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Crew Mars 500

Fin de mission pour l'équipe de Mars 500

 

Débutée le 3 juin 2010, la mission Mars 500 se termine. Cette expérience réalisée en collaboration entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Institut des problèmes biomédicaux (IBMP) de Moscou se conclue vendredi après un « voyage » virtuel vers Mars de 520 jours pour les six hommes qui forment l’équipage.

 

En février dernier, Romain Charles confiait dans ces mêmes colonnes sa hâte d’expérimenter les bruits, les odeurs du quotidien et surtout la brillance du soleil. Le 5 novembre, le « marsonaute » et ses compagnons vont enfin pouvoir sortir de leur captivité volontaire lorsque l’écoutille s’ouvrira de nouveau pour expérimenter les sensations que nous éprouvons sans nous en rendre compte mais qui leur font défaut depuis le mois de juin de l’année dernière. Mars 500 touche à sa fin après seize mois ou (presque) tous les paramètres d’un futur voyage vers Mars ont été expérimentés : communications de plus en plus distantes avec la Terre, pannes pouvant survenir à l’improviste dans l’espace, mise en orbite autour de Mars, EVA sur une reconstitution du sol martien... Bref, le scénario de la mission a été pensé pour rendre la mission aussi réaliste que possible. Un maximum de situations  extrêmes pour un petit groupe envoyé en mission d’exploration lointaine a donc été imaginé. Plus d’une centaine d’expériences en psychologie, physiologie et biologie ont également été réalisées. Et même si les six volontaires pouvaient sortir à tout moment s’ils le désiraient, il est intéressant de noter que, comme le soulignait Romain Charles, un réel sentiment d’éloignement se faisait sentir*. Pour cette simulation grandeur nature, il ne manquait en effet que l’apesanteur du voyage dans l’espace et la gravité martienne qui sont impossible à reproduire sur la Terre.

Mars-500 1450L'équipe ayant réalisé la simulation d'atterrissage sur Mars disposait de scaphandres spécialement réalisés pour l'occasion

Comprendre le comportement humain

Mais la grande inconnue du vol vers Mars n’est pas tant la machine mais bien l’homme lui-même. Si les vols de longue durée à bord des stations spatiales ont apporté des informations en matière de confinement d’équipage, cette expérience est une vraie première. D’abord, parce que jamais toute une équipe n’a été isolée pendant un temps aussi long. Même les cosmonautes russes, pourtant habitués à des séjours de très longue durée, n’ont pas franchi le cap (la durée d’un vol martien**). La simulation qui vient de se terminer devrait donc offrir une piste de recherche pour mieux comprendre les effets de l’isolement pour une mission interplanétaire comme la mission martienne.

Toutefois, pour les hommes de Mars 500, après un an et demi d’isolement une nouvelle aventure commence : celle du retour sur Terre.

Antoine Meunier

 

L’équipage de Mars 500

Alexey Sitev : commandant (Russie)

Sukhrob Kamolov : médecin (Russie)

Alexandr Smoleevskiy : chercheur (Russie)

Romain Charles : ingénieur de vol (France)

Diego Urbina : chercheur (Italie

Wang Yue : chercheur (Chine)

 

 

 

 

Crédits photos : ESA/IBMP 

Contacts

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr

lachroniquespatiale@gmail.com

 

 

 

* Voir Interview de Romain Charles du 11 février

 

**Il convient d’apporter une légère nuance. Le cosmonaute russe Valeri Poliakov détient le record absolu avec 22 mois passés dans l’espace sur deux missions dont la plus longue a duré 14 mois. On approche certes des seize mois de Mars 500 mais sans les facteurs inhérents à une mission martienne (distance avec la Terre, délais dans les communications radios, etc…), voir à une mission spatiale.

 

 

 

©                                            La Chronique Spatiale (2011)

Tag(s) : #Europe

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