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X-33 larc big

  Prévu pour décoller à la verticale, le X-33 ne pouvait atteindre qu'une vitesse suborbitale

 

Alors qu’Elon Musk ambitionne maintenant de créer un système de lancement intégralement réutilisable avec sa firme Space X, d’autres acteurs ont déjà tenté le pari d'un lanceur totalement récupérable. Ce fut le cas dans les années 90 avec Lockheed Martin.


Depuis les débuts de la conquête spatiale, la réduction des coûts d’accès à l’espace reste la hantise de tous les ingénieurs. La navette devait permettre de faire chuter par dix le prix des lancements mais le programme n’atteignit jamais cet objectif. L’une des pistes de recherches un temps envisagées fut celle du lanceur monoétage ou SSTO (Single Stage To Orbit). En 1996, Lockheed Martin se lance dans cette aventure avec le X-33. Opposé à des concepts dérivés du Shuttle (Boeïng) ou du DC-X de Mac-Donnell Douglas, le X-33 se veut d’abord une étape intermédiaire avant d’atteindre l’orbite. Il est effet prévu que, si le concept fonctionne, alors l’appareil final - le Venture Star -  remplira cette mission. Ce démonstrateur, quant à lui se présente comme un engin suborbital à l’échelle un demi du Venture Star. Il embarque la totalité de son carburant dans ses réservoirs internes. Il n’utilise pas de boosters d’appoints comme la navette spatiale. Lancé à la verticale comme le Shuttle, le X-33 a en fait plusieurs objectifs : il doit être le précurseur servant à développer le premier appareil commercial à aller dans l’espace, mais aussi permettre de lancer des satellites ou encore rallier la Station spatiale internationale dont les modules dorment encore dans des halls d’assemblage.

X33.VeStar

Echelle comparative représentant le X33 et le Venture Star. Ce dernier, à pleine charge de carburant, pesait pratiquement mille tonnes et aurait pu emporter une charge de 23 tonnes en orbite basse

2001, le programme est abandonné
Initialement programmé pour un premier vol en 1999, quinze vols d'essais sont même programmés mais le calendrier va progressivement glisser. Il est souvent fréquent qu'un programme aérospatial connaisse des retards, la navette en est l'un des meilleurs exemples (tout comme Apollo). Le premier problème rencontré fut la difficulté à mettre au point des réservoirs de carburant en matériaux composites. L’échec des essais de remplissage conduira notamment les ingénieurs de Lockheed Martin à installer à la place des réservoirs en aluminium. Par la suite, un problème de centrage amène la firme à placer un ballast d’une tonne et demie derrière le nez de l’appareil. Si la suite logique du X33 aurait du être la conception du Venture Star, le 1er mars 2001, la NASA annonce officiellement par communiqué qu’elle ne soutiendra plus le démonstrateur lancé dans le cadre de la Space Launch Initiative (SLI). Le prototype était quasiment fini et les dépenses engagées représentaient un total de 912 millions de dollars de l’époque par l’administration spatiale américaine et 357 millions par Lockheed Martin. L’un des principaux problèmes du lanceur réside dans une technologie qui n’était pas encore mûre. Aujourd'hui, la NASA a envoyé les navettes à la retraite et revient aux fusées "classiques". Toutefois, les études sur les lanceurs réutilisables continuent (X-37 notamment). Et si le concept de Lockheed Martin ou celui de Space X ne sont peut-être pas encore fiables, l’histoire retiendra sans doute que l’aventure des SSTO a démarré il y a déjà plus de deux décennies.

Antoine Meunier

Photos : NASA
Sources
http://www.hq.nasa.gov/office/pao/History/x-33/project.htm


Contacts
http//lachroniquespatiale.over-blog.fr
lachroniquespatiale@gmail.com








©                                                 La Chronique Spatiale (2012)

Tag(s) : #USA

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